Incidents à Haïti avant le second tour de la présidentielle

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    par Joseph Guyler Delva 
    PORT-AU-PRINCE, 19 janvier (Reuters) - Des manifestants 
parfois violents sont descendus lundi dans les rues de 
Port-au-Prince pour réclamer la suspension du second tour de 
l'élection présidentielle prévu dimanche en Haïti, en dénonçant 
des irrégularités.  
    Plusieurs milliers de contestataires venant de quartiers 
pauvres ont défilé dans le centre de la capitale. Des véhicules 
ont été incendiés, des pierres jetées et une station-service a 
été attaquée.  
    "Si je dois prendre les armes, je le ferai. Je l'ai déjà 
fait par le passé", a dit un manifestant, Jacques Madiou, 40 
ans, précisant que c'était après l'éviction du président 
Jean-Bertrand Aristide en 2004.  
    Jovenel Moïse, le candidat soutenu par le chef de l'Etat 
Michel Martelly, et Jude Célestin, ancien dirigeant d'une agence 
gouvernementale, se disputent le fauteuil présidentiel.  
    Mais Jude Célestin, deuxième lors du premier tour qui a eu 
lieu le 25 octobre dernier, aaccuse les autorités électorales de 
favoriser le parti au pouvoir.  
    Les manifestants réclament la création d'un gouvernement de 
transition et la tenue de nouvelles élections après le départ du 
président Martelly en février.  
    Plusieurs partis d'opposition ainsi que les partisans de 
Jude Célestin sont engagés dans cette campagne.  
    "Nous déclarons une semaine de rébellion pour bloquer 
l'élection du 24 janvier. Nous protesterons devant chaque bureau 
de vote", a prévenu Assad Volcy, secrétaire général de la 
Plateforme Pitit Desalin.  
    Dans le nord du pays, des inconnus ont incendié quatre 
locaux appartenant à la commission électorale, accusée par de 
nombreux détracteurs d'être à l'origine d'irrégularités lors du 
premier tour de la présidentielle. Quatre membres de la 
commission ont démissionné ces derniers jours.  
    L'autorité électorale a condamné les actes de violence et 
assuré que le second tour de la présidentielle aurait lieu comme 
prévu le 24 janvier.  
    La Constitution haïtienne prévoit que le nouveau chef de 
l'Etat doit prêter serment avant le 7 février. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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