Incident diplomatique entre Chypre et la Turquie

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    ATHENES, 24 mai (Reuters) - Le président chypriote a annulé 
des discussions de paix prévues pour vendredi avec son rival 
chypriote turc pour protester contre le fait que ce dernier ait 
été traité comme un chef d'Etat lors d'un sommet des Nations 
unies en Turquie. 
    Le président chypriote, Nicos Anastasiades, qui se trouvait 
en Turquie pour un sommet sur la crise migratoire, a refusé 
d'assister à un banquet pour les chefs d'Etat lundi soir après 
avoir appris que Mustafa Akinci, le président de la République 
turque de Chypre du Nord, Etat reconnu uniquement par la 
Turquie, était également invité, a fait savoir le porte-parole 
du gouvernement chypriote. 
    En conséquence, a ajouté le porte-parole, Nikos 
Christodoulides, il n'y a pas de "terrain fertile" pour une 
réunion qui était prévue vendredi à Nicosie entre le président 
Anastasiades et le président Akinci. Le président 
Christodoulides a également écourté son voyage en Turquie. 
    Ce différend illustre la sensibilité et la complexité de la 
question chypriote. 
    L'île a été séparée en deux entités après l'invasion des 
troupes turques en 1974, déclenchée par un bref coup d'Etat 
inspiré par la Grèce. Les Chypriotes grecs, qui représentent 
l'île au sein de l'Union européenne, veillent à ne pas être mis 
sur un pied d'égalité avec la République turque de Chypre du 
Nord non reconnue par la communauté internationale. 
    Les présidents Anastasiades et Akinci sont néanmoins engagés 
dans des discussions visant à la réunification de l'île. 
    "Le président de la République réaffirme sa volonté de 
poursuivre le dialogue, tant que le processus de respect mutuel 
et la volonté d'une solution acceptable sont maintenus. Sans 
décision unilatérale qui cherche à revaloriser le pseudo-Etat", 
déclare le porte-parole Nikos Christodoulides dans un 
communiqué. 
    On ne sait pas par qui le président Mustafa Akinci a été 
invité au sommet en Turquie, mais son compte Twitter le montre 
aux côtés du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et 
du conseiller spécial des Nations unies pour Chypre, le 
Norvégien Espen Barth Eide. 
    Le conflit syrien est un obstacle majeur à l'adhésion de la 
Turquie à l'Union européenne, compte tenu du refus d'Ankara de 
reconnaître Chypre.    
     
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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