Incertitude sur le sort des lycéennes aux mains de Boko Haram

le
0

LAGOS, 19 octobre (Reuters) - Cinq attaques ont fait des dizaines de morts ce week-end au Nigeria malgré l'annonce vendredi d'une trêve entre le gouvernement et Boko Haram, une vague de violences qui fait planer un doute sur la libération des 200 lycéennes enlevées en avril par la secte islamiste. Le chef des forces armées nigérianes, le maréchal de l'air Alex Badeh, a annoncé vendredi que le cessez-le-feu allait permettre la libération des jeunes filles enlevées il y a six mois alors qu'elles passaient des examens dans le village de Chibok, dans le nord-est du pays. Mais Boko Haram n'a pas confirmé la trêve et au moins cinq attaques ont été signalées depuis vendredi. Pour le gouvernement nigérian, ces attaques seraient dues à d'autres groupes que Boko Haram, qui cherchent à tirer parti du chaos. Les discussions pour libérer les lycéennes doivent se poursuivre lundi au Tchad, a dit un porte-parle du gouvernement. "Nous étions fous de joie. Nous avions toutes les raisons d'être heureux... Mais depuis, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises", a déclaré par téléphone à Reuters Law Abaca, proche d'une des lycéennes enlevées. Il n'a pas caché ses doutes sur la personnalité du négociateur de Boko Haram, Dansai Amadou, dont personne n'avait entendu parler jusqu'ici. "Peut-on lui faire confiance à propos de la libération des filles alors que la promesse de cessez-le-feu n'a pas été tenue ?", s'est-il demandé. Selon Ahmed Sali, journaliste nigérian spécialiste de l'insurrection et qui fut il y a quelques années proche de la secte islamiste, Dansai Amadou n'appartient pas au Conseil de la Choura de Boko Haram et ne parle pas en son nom. Depuis l'enlèvement des lycéennes, l'armée nigériane a par deux fois annoncé avoir sauvé une partie des jeunes filles, avant de revenir sur ses déclarations quelques heures plus tard. Boko Haram, groupe fondé en 2002 dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché", a tué plusieurs milliers de personnes ces dix dernières années. Son fondateur, Mohamed Yusuf, a été tué en 2009. Son chef actuel est Abubakar Shekau. (Tim Cocks, Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant