Incertitude autour des négociations sur la Grèce à l'Eurogroupe

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INCERTITUDE AUTOUR DES NÉGOCIATIONS SUR LA GRÈCE À L'EUROGROUPE
INCERTITUDE AUTOUR DES NÉGOCIATIONS SUR LA GRÈCE À L'EUROGROUPE

par Julien Ponthus et Philip Blenkinsop

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis samedi à Bruxelles pour examiner le plan de réformes déposé par la Grèce en vue d'obtenir un nouveau plan d'aide, une réunion cruciale pour le maintien du pays dans le bloc monétaire mais dont l'issue reste incertaine.

L'optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier tranche en effet avec le scepticisme de nombreuses capitales aux yeux desquelles la crédibilité du gouvernement d'Alexis Tsipras a été brisée pendant les longues négociations.

"La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe.

Les dernières propositions du gouvernement grec, a-t-il encore estimé, sont loin d'être suffisantes pour l'octroi d'un troisième plan d'aide à Athènes. Les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable.

Ils ont chiffré à 82 milliards d'euros les besoins financiers supplémentaires de la Grèce pour faire face à ses obligations.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a obtenu aux premières heures de samedi le soutien du Parlement au programme de réformes qu'il se propose de mettre en oeuvre en échange d'un prêt de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la BCE, le plan Tsipras est considéré comme la dernière chance d'éviter l'effondrement financier et économique du pays.

François Hollande, qui s'est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, avait salué vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration.

"UN TRAIT D'UNION"

"La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l'Eurogroupe. La discussion "sera (...) exigeante parce que la confiance est un élément déterminant de l'accord, si nous voulons un accord global et un accord durable", a-t-il ajouté.

Certains responsables européens, même critiques vis-a-vis de la Grèce, estimaient vendredi qu'un accord était probable samedi, mais l'incertitude semble avoir regagné les esprits. Une source, qui vendredi soir se disait pratiquement certaine qu'un accord serait trouvé confiait en fin de matinée ne plus en être sûre, à quatre heures de la réunion de l'Eurogroupe.

A son arrivée à Bruxelles, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit s'attendre à des négociations "difficiles" entre les ministres favorables à un accord avec la Grèce et ceux qui demandent des garanties supplémentaires.

Les discussions, qui doivent aussi porter sur une aide à court terme pour faire la jonction entre les besoins immédiats de la Grèce et l'adoption du nouveau plan, s'annoncent longues et la conférence de presse finale de l'Eurogroupe était provisoirement fixée à 22h00.

Jeroen Dijsselbloem a prévenu que la question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son produit intérieur brut (PIB), pourrait ne pas être abordée faute de temps.

L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne, mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité.

A défaut d'accord samedi, ce serait au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévu dimanche de débloquer la situation.

(Avec Robert-Jan Bartunek et Andreas Rinke, et Chine Labbé à Paris, édité par Tangi Salaün et Gilles Trequesser)

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  • M802641 le samedi 11 juil 2015 à 23:55

    C'est hallucinant de voir à quel point ils sont tétanisés et incapables de décider quoi que ce soit. Cela n'augure pas bien et quand les politiques prennent le relais avec leur raisonnements subjectifs et "d’intime conviction" en se mouillant le doigt pour sentir le vent et préserver leur réputation, on connait le résultat qui peut se résumer en " pas de vagues"

  • tonfric le samedi 11 juil 2015 à 23:44

    elle fait peur cette photo !!

  • msoulie3 le samedi 11 juil 2015 à 20:43

    pietro...00. Ton propos est 'hors sujet" et à force de répeter la même annerie, cette dernière ne deviendra pas, pou autant, une vérité. Du balai.Tu as l'air d'être particuliérement VIEUX, car seuls les "vieux ressassent et ressassent....

  • pietro68 le samedi 11 juil 2015 à 20:02

    Il faut remercier l'immense sarkozy qui en 2008 avec l'accord de merkel a transféré la dette française privé grec vers le publique. Encore une fois pour protéger ses petits copains de la faillite. C'est le seul gouvernement qui a également réussi à doubler le déficit publique en 10 ans.

  • M9986554 le samedi 11 juil 2015 à 19:07

    J ai lu que c etaient des technocrates francais de bercy qui ont aidés Tsipras à rediger ses propositions.Alors, il est foutu,vu l etat ou ils ont mis la Fran ce

  • m1234592 le samedi 11 juil 2015 à 19:05

    2018 ? faudrait pas en rajouter ! 2017 suffit amplement non ?

  • M999141 le samedi 11 juil 2015 à 19:00

    Depuis quelques temps, on est très copains avec les dirigeants d'extrême gauche de la Grèce. Histoire de brosser l'aile gauche de France dans le sens du poil avant les élections de 2018. Qui paiera ?

  • m1234592 le samedi 11 juil 2015 à 18:59

    L'UE a proposé à la Grèce des spécialistes chargés de mettre tout cela sur pied mais la Grèce s'est dite insultée et a refusé. trop peur que les belles magouilles soient dévoilées et stoppées. Faut bien gagner sa vie non ?

  • mk1 le samedi 11 juil 2015 à 18:58

    une fois les nouveaux prets en poche pour assurer le roulement des échéances, les belles promesses grecques de ce jour vont s'évanouir comme precedement et dans 2 a 3 ans, de nouveaux prets seront demandés !

  • m1234592 le samedi 11 juil 2015 à 18:57

    Le pb de la Grèce n'est pas un pb de "finances". Certes elle n'a pas un sou mais le pb est beaucoup plus profond il est structurel. La grèce par complaisance des élus et donc des électeurs a toujours refusé de se doter des fonctions régaliennes minimales pour un état moderne. Elle est dans l'état des pays africains du milieu. Corruption généralisée, fraudes aux impôts, contrôleurs corrompus, pas de Min de l'Education, des Finances, du Budget, de la Défense mais pléthore de fonctionnaires inutil

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