Inauguration du Louvre-Lens, musée d'une renaissance

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FRANÇOIS HOLLANDE INAUGURE LE MUSÉE LOUVRE-LENS
FRANÇOIS HOLLANDE INAUGURE LE MUSÉE LOUVRE-LENS

par Elizabeth Pineau

LENS, Pas-de-Calais (Reuters) - François Hollande a inauguré mardi le musée Louvre-Lens, clairière culturelle au coeur d'un ancien bassin minier sinistré du nord de la France sur laquelle la ville espère bâtir une renaissance économique.

Le chef de l'Etat, qui a visité les lieux en présence de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, a dit voir dans ce projet un exemple de décentralisation réussie et de valorisation d'un territoire par la culture.

"La région la plus jeune de France, la plus éprouvée par la crise s'offre aujourd'hui le Louvre, rien que cela !", a-t-il déclaré, relevant le "pari insensé" - politique, territorial, artistique et architectural - relevé pour mener à bien ce projet.

Plus d'un demi-million de visiteurs sont attendus chaque année dans le long bâtiment de verre qui contraste avec les briques rouges de la ville de 36.000 habitants plus connue jusqu'ici pour son passé minier et sa passion du football.

L'idée de "délocaliser" une partie du Louvre à Lens a été lancée en 2004 par l'ex-président Jacques Chirac.

"Je veux saluer la décision de Jacques Chirac, le Louvre-Lens lui doit d'exister aujourd'hui. C'était l'un des premiers à imaginer le Louvre hors du Louvre", a dit François Hollande, saluant également le travail des anciens ministres Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres et Jack Lang.

"Difficile de résister à la pression de Jack Lang, même pour Jacques Chirac", a souri le chef de l'Etat.

La plupart des anciens de ministres de la Culture, à l'exception de Frédéric Mitterrand, étaient présents, de même que deux anciens Premiers ministres, Lionel Jospin et Pierre Mauroy et la maire de Lille, Martine Aubry.

"La première exposition temporaire est consacrée à la Renaissance et nous attendons une renaissance de l'économie du Nord-Pas-de-Calais", a déclaré l'ex-première secrétaire du PS.

Toute la région espère en effet des retombées économiques et touristiques du Louvre-Lens, à l'image de ce qu'à représenté à Bilbao, en Espagne, la construction du musée Guggenheim à l'architecture audacieuse signée Franck Gerry.

INSTRUMENT ÉCONOMIQUE

Des architectes japonais de l'agence Sanaa ont conçu le Louvre-Lens sur le thème du miroir.

Le bâtiment de 28.000 m2, dont 7.000 consacrés aux expositions, entouré d'un jardin encore en devenir scintillait mardi matin sous le pâle soleil d'hiver.

Clou de la visite, la galerie du Temps, immense espace immaculé éclairé par le plafond, balaye tout un pan de l'Histoire de l'art en présentant quelque 200 oeuvres datant de 3.500 avant J-C, jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Un chef d'oeuvre célèbre, "La liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix, restera pendant un an à Lens.

François Hollande a dit voir dans ce tableau "un symbole du mouvement ouvrier", en ce jour de la Sainte Barbe, patronne des mineurs, dont certains sont venus en tenue de travail assister à l'inauguration.

L'entrée de la galerie du Temps est gratuite. "La galerie pourra-t-elle rester gratuite, ce sera votre décision. Et celle de l'Etat", a dit le président dans son discours.

Le président a insisté sur l'aspect démocratique de la culture, estimant que "personne devant l'art ne doit se résigner à dire 'ce n'est pas pour moi'.

Le musée, où viendront des visiteurs "de toute cette région, de toute la France, de toute l'Europe, de tout le monde" sera "l'un des instruments du développement économique de ce bassin et de cette région", a-t-il estimé, rappelant que la culture représentait 2% du PIB en France.

Selon son entourage, François Hollande compte marquer son quinquennat par un projet culturel, qui n'a pas encore été défini, à l'image de la Pyramide du Louvre pour François Mitterrand et du musée du Quai Branly pour Jacques Chirac.

Edité par Yves Clarisse

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