Inauguration de la première "salle de shoot" en France

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    PARIS, 11 octobre (Reuters) - La ministre de la Santé, 
Marisol Touraine, a inauguré mardi en compagnie de la maire de 
Paris, Anne Hidalgo, la première salle de consommation de drogue 
de France, qui doit ouvrir vendredi à titre expérimental dans le 
nord de la capitale. 
    Les "salles de shoot", dont l'opposition de droite ne veut 
pas, ont pour but de mettre à la disposition des consommateurs 
du matériel sécurisé sous la supervision d'équipes composées de 
médecins, d'éducateurs et d'assistants sociaux. 
    Les usagers doivent en revanche y apporter leur propre 
drogue.  
    "L'ouverture de la première salle de consommation à moindre 
risque en France représente une avancée majeure pour la santé 
publique dans notre pays, une réponse innovante et courageuse à 
une situation d'urgence sanitaire", a déclaré Marisol Touraine, 
citée dans un communiqué de son ministère. 
    "Eviter des overdoses, éviter des infections associées, 
éviter des transmissions de l'hépatite C, par exemple, ou du 
VIH, ça n'est pas anecdotique", a-t-elle par ailleurs dit lors 
de sa visite dans le centre situé près de la gare du Nord.    
    "Il s'agit d'accompagner, de soutenir et d'aider", a-t-elle 
ajouté devant la presse.    
    Selon des données datant de 2011 et fournies par son 
ministère, 10% des consommateurs de drogue en France étaient 
infectées par le VIH et 40% par l'hépatite C. 
    Une deuxième salle doit ouvrir à Strasbourg dans les 
semaines à venir, puis les pouvoirs publics réaliseront d'ici 
six ans une évaluation du dispositif avant de décider ou non de 
le pérenniser. 
    Pour Philippe Goujon, secrétaire national des Républicains 
chargé des questions de sécurité, ces salles de shoot 
"banalisent et légitiment l'usage de la drogue puisque dispensée 
sous supervision de l'Etat", ce qui aboutit selon lui à une 
"dépénalisation de fait, premier pas vers la légalisation". 
    L'ouverture de la première salle de consommation de drogue 
marque l'aboutissement de plusieurs années de débats entre la 
gauche et la droite jusqu'à l'adoption, fin 2015, de la loi de 
modernisation du système de santé autorisant ce type 
d'établissement. 
    Depuis une première expérimentation à Berne, en Suisse, il y 
a 30 ans, plus de 90 centres du même genre ont ouvert dans le 
monde, selon l'Observatoire européen des drogues et des 
toxicomanies. 
 
 (Simon Carraud avec Brian Love, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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