Inárritu : "Le corps de Ronaldo est celui d'un type du XXIIè siècle"

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Inárritu : "Le corps de Ronaldo est celui d'un type du XXIIè siècle"
Inárritu : "Le corps de Ronaldo est celui d'un type du XXIIè siècle"

Il a tourné une dispendieuse pub foot Nike et revendique un cinéma de l'intime. Son frère est vice-président des Tigres de Monterrey et lui fulmine contre la "" du foot. Le réalisateur mexicain Alejandro González Inárritu - qui vient de triompher aux Oscars avec Birdman, en salles le 25 février - vit avec la contradiction chevillée au corps. Et assume. Entretien.

Quelle relation avez-vous au football ? Mon père et mon frère n'ont fait que parler de foot toute leur vie, mon frère est aujourd'hui vice-président des Tigres de Monterrey, et moi, j'aime le beau jeu, mais je ne suis pas un fanatique qui attend la fin de semaine J'ai joué milieu droit, en club, puis au lycée. Je n'ai jamais été capitaine, trop mauvais caractère, alors qu'il faut être un bon exemple. J'étais étudiant quand j'ai assisté au quart de l'Argentine contre l'Angleterre en 86. Je n'ai pas vu la main dans l'instant, je l'ai vu après. La Coupe du monde a aidé à soigner la douleur du tremblement de terre que nous avions rencontrée. Le Mondial a réveillé l'âme du pays.
Vivez-vous le football comme un lien universel ou dans un rapport local, communautaire ? Le football, c'est le jeu le plus enthousiaste du monde, alors que dans le fond, les gens n'aiment pas vraiment le foot, mais le fanatisme du foot. C'est une question dangereuse, ce fanatisme qui naît et qui peut facilement basculer dans le nationalisme et servir de terreau à différentes idéologies. La ferveur footballistique cache beaucoup de frustration qui, quand elle sort, devient une haine terrible. L'identification tribale est dangereuse quand elle est transgressive. Cette partie-là me fait un peu peur, c'est vrai. Je ne parle pas d'un cliché, là, parce que je l'ai ressenti viscéralement, là (il montre son ventre, ndlr), quand je suis allé voir un derby à Old Trafford : les supporters de City étaient protégés de ceux de United par des sortes de soldats, des chevaux, la police, la sécurité Quand la violence implicite du départ génère une telle quantité de sécurité, et franchement, on aurait dit une guerre, ça m'effraye, vraiment. Le football est une chose irrationnelle qui allume la mèche, telle une poudre qui convertit les gens en sauvages et qui peut exploser en nationalisme ou en xénophobie. Et quand ça devient viscéral, ce communautarisme en vient vite à l'idéologie, à la religion et à la race. Individuellement, c'est un jeu entre l'enthousiasme sain et la violence réprimée. À Manchester, j'ai aimé cette adrénaline animale, très primaire, je m'enflamme aussi pendant la Coupe du monde, mais je me rends aussi compte du côté primitif du truc
Comment se passent vos repas de famille ? Évidemment...


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