Impôts : Gattaz dénonce l'incohérence du gouvernement

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VIDÉO - Au lendemain du cafouillage autour des impôts, le président du Medef déplore «les beaux discours» de l'exécutif sur l'absence de hausse d'impôts et «des mesures très inquiétantes». A gauche, on dénonce une «radicalisation du Medef contre la politique gouvernementale».

L'entretien était prévu depuis longtemps, assure Le Parisien-Aujourd'hui-en France. Et, par une simple coïncidence, il s'est tenu quelques heures après la sortie médiatique du secrétaire d'État au Budget sur les impôts, qui a semé le doute. Fiscalité, croissance, emploi, Pierre Gattaz a fait le tour de l'actualité avec six lecteurs masculins du journal. Quand on lui demande quel métier il aurait aimé exercer, le patron des patrons répond simplement: chef d'entreprise, «le plus métier du monde». Et reconnaît même une petite entorse au «made in France» proné par l'ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg: 70% de son pin's «un million d'emplois» est fabriqué en France. «La mondialisation, c'est ça aussi».

• Impôts

«On nous parle de pause fiscale depuis six mois et vlan! On nous rajoute en permanence des petites taxes dans tous les sens». Le président du Medef n'a pas manqué de railler le nouveau cafouillage du gouvernement sur la fin des hausses d'impôts annoncée la semaine dernière par François Hollande et relativisée par Christian Eckert, jeudi matin. «Les récentes déclarations du gouvernement nous angoissent énormément. Les patrons sont très solidaires du ras-le-bol-fiscal de tous les Français». Et comme eux, ils descenderont dans la rue, le 1er décembre prochain. Une manifestation qui ne plaît évidemment pas à gauche. «Le patronat dans la rue, ce n'est pas le patronat qui négocie, c'est le patronat qui fait pression et qui ne veut pas prendre en compte sa part du fardeau. C'est une radicalisation du Medef contre la politique gouvernementale», lâche le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis sur Europe 1.

• La reprise économique

Le patron des patrons s'impatiente face à la lenteur de l'exécutif à relancer la croissance du pays. Et ne croit pas à la reprise économique dès l'année prochaine. «Il faut aller la chercher, affirme Pierre Gattaz. Chez nous, on a tendance à attendre la croissance en Allemagne ou aux Etats-Unis». Des propos qui ressemblent à s'y méprendre à ceux tenus jeudi par le secrétaire d'État au Trésor, Jacob Lew. Ce à quoi Jean-Christophe Cambadelis répond: «Que fait-il (Pierre Gattaz, ndlr) pour la croissance? Où sont les protestations du Medef par rapport à la politique européenne? Où sont les pressions menées sur le patronat euro pour qu'il y ait une relance, une croissance en Europe? On n'entend jamais cela, c'est toujours la même chose: la responsabilité, c'est le pouvoir socialiste».

Pour obtenir de la croissance, «il faut deux choses. De la compétitivité, ça c'est le rôle du pacte de responsabilité qui va dans le bon sens. Par contre, il faut aussi de la confiance. Ce qui nous manque», explique Pierre Gattaz. En cela, Pierre Gattaz déplore le manque de «cohérence» entre «les beaux discours» de l'exécutif et «des mesures qui sont très inquiétantes». Le choc entre deux paroles: l'une politique, celle du président de la République, et l'autre technique, celle de Christian Eckert.

• Les retraites-chapeau

Juste avant le nouveau cafouillage du gouvernement sur les impôts, c'est le sujet qui enflammait les débats. Et une fois n'est pas coutume, les patrons sont d'accord avec l'exécutif. «Les chefs d'entreprise devraient faire preuve d'exemplarité», lâche Pierre Gattaz. Une phrase similaire à celle...d'Emmanuel Macron qui réagissait, fin octobre, au montant de la retraite-chapeau du PDG de GDF Suez. Cette somme «a choqué» le ministre qui va lancer une mission en ligne avec le Haut comité de gouvernement d'entreprise, qui «portera sur un champ plus large que les entreprises publiques. Et pourtant, mercredi, alors que des élus centristes ont proposé une hausse de la taxe sur les grosses retraites-chapeau qui aurait dû plaire au gouvernement, ce dernier s'y est opposé. «Ce serait anti-constitutionnel», a répondu le secrétaire d'État au Budget.

• Emploi

«L'emploi, c'est une conséquence, pas un engagement». Le président du Medef, qui s'est engagé en mai dernier à créer un million d'emplois d'ici cinq ans, rappelle au gouvernement qu'avant d'embaucher, «il faut des clients et de la compétitivité». D'où la mise en place du pacte de responsabilité et des contreparties réclamées par l'exécutif. «Les engagements du Medef sont des objectifs, pas des engagements de création, mais on motive les branches, explique Pierre Gattaz. Mais ça n'est pas comme appuyer sur un bouton». Le président de Radiall avance «la fin d'année» ou «le début de l'année prochaine» pour constater les résultats du pacte. «Les discussions sont longues et compliquées», déclare-t-il, évoquant les syndicats qui ne l'ont pas signé et des «signaux contradictoires», comme le compte-pénibilité.

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