Impôts : c'est sous Chirac que les inégalités se sont creusées

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Une étude fait le bilan de dix ans de baisse de taxes.

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy n'a pas accru les inégalités fiscales. C'est ce que démontre une étude de l'Institut des politiques publiques, un organisme dépendant de PSE-École d'économie de Paris et du Crest (centre de recherche du groupe des écoles nationales d'économie et de statistique).

Pour ces économistes, la France souffre d'un problème récurrent: les ménages très fortunés sont peu imposés. Les salariés au smic voient 43,8% de leurs revenus partir en impôts et cotisations sociales, les 10% de foyers les plus aisés, 47,6%. Mais le taux de prélèvement tombe à 32,5% pour les 450 Français les plus riches. Ce phénomène a de multiples causes: poids de la TVA qui pénalise les ménages modestes, niches fiscales, moindre taxation du capital par rapport au travail, cotisations sociales assises sur des salaires plafonnés.

De 2002 à 2012, cette inégalité s'est accentuée: alors que le taux de prélèvement diminuait de 0,6 point pour l'ensemble de la population, la baisse était de 3,6 points pour les 1% les plus aisés. Mais c'est le quinquennat de Jacques Chirac qui en est responsable. Les réductions d'impôt sur le revenu votées entre 2002 et 2007 ont d'abord profité aux ménages ayant le plus de ressources.

Des réformes qui s'annulent les unes les autres

En revanche, les réformes menées par Nicolas Sarkozy se sont «en partie annulées les unes les autres» d'après l'étude. L'ISF et les droits de succession ont été allégés. Mais en fin de période, le gouvernement a créé une taxe sur les hauts revenus, a supprimé le bouclier (qu'il avait renforcé en 2007), puis relevé la taxation de l'épargne et plafonné les niches.

Résultat, les ménages de la première moitié du dernier décile (la moitié la moins riche des 10% les plus riches) ont vu leur pression fiscale augmenter un peu, de 0,4 point, entre 2007 et 2012. Pour les 5% les plus riches, elle est restée identique. Cela étant, il y a eu des déplacements entre types de ménages. Les gagnants sont ceux ayant un haut patrimoine et de faibles revenus: ils ont profité de la baisse de l'ISF. Les perdants sont les ménages à faible patrimoine et hauts revenus, rattrapés par les mesures de fin de mandat.

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  • OSS119 le mardi 3 avr 2012 à 09:52

    Ces ckiffres sont faux. Les cotisations sociales à elles seules (CSG incluse, et cotisations patronales) représentent de 40 à 55% du coût salarial, cad le revenu brut avant prélèvements. Les impôts directs de 10 à 30 % du coût salarial. Plus les impôts indirects, de 5 à 10 %. Le "coin sociofiscal" sur les salariés va donc de 60 à 90 %

  • M9327653 le mardi 3 avr 2012 à 09:27

    Dans votre famille combien de personnes apportent quelquechose à la collectivité par leur travailet combien y a t il de bouches à nourrir, de tous âges ?

  • M4189758 le mardi 3 avr 2012 à 08:10

    JPi - Travailler plus pour payer plus d'impôt : c'est 30% de la solution. Réduire les dépenses de l’état : c'est 70% de la solution. Le mur de la dette c'est comme le mur du son : ça pète en passant. Il n'y a pas de solution soft. Quand, nos ‘polis tiques’, commenceront-ils à dépenser moins ? Pour le 22 avril le premier vrai plan de rigueur pour l’état ? Car, c’est seulement après la décrue des dépenses et des impôts que nous aurons la croissance et l’emploi !

  • M4189758 le mardi 3 avr 2012 à 08:07

    JPi- ...Les salariés au smic voient 43,8 % de leurs revenus partir en impôts... Et il faut croire cette interprétation des choses ? Raconter des histoires ne sert pas une juste cause.

  • DADGAD le mardi 3 avr 2012 à 05:53

    Moindre taxation du travail par rapport au capital?De quel type de capital s'agit-il?Quand on voit les livrets qui rapportent 1,75% par an taxés à 24% (PFL) + 15,5% (PS) soit 39,5% en tout, on croit rêver.Alors que vous n'êtes pas taxés sur la PV lors de la vente de votre résidence principale...