Imperméable aux doutes de ses fidèles, Hollande campe sur sa stratégie

le , mis à jour à 18:43
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Le président François Hollande, le 3 novembre 2016 à Méautis dans la Manche ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Le président François Hollande, le 3 novembre 2016 à Méautis dans la Manche ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Imperméable aux doutes du dernier carré de ses fidèles, encore exprimés ce week-end par Jean-Yves Le Drian, François Hollande poursuit obstinément une stratégie de pré-campagne, jouant la carte de la proximité avec d'incessants déplacements sur le terrain.

Le Maine-et-Loire, le Louvre-Lens, la Normandie sillonnée en tous sens jeudi, la Bretagne vendredi dernier... Depuis quelques semaines, le chef de l'Etat bat la campagne à défaut d'être officiellement en campagne. Il sera encore mardi à La Rochelle pour des "Assises de l'économie de la mer" et jeudi à l'Institut de l'engagement, à Nancy.

"Il fait le Tour de la France pendant que la droite fait le tour des télés", sourit son ami et conseiller Bernard Poignant.

François Hollande "fait ce qu'il a toujours fait depuis le début de sa vie politique, sillonner le territoire de long en large pour aller à la rencontre des citoyens, leur expliquer ce qui a été fait dans ce quinquennat et entendre ce qu'ils attendent des cinq années qui viennent", complète un proche.

Sans le "revendiquer", l'entourage présidentiel ne "nie pas" qu'il y ait du Jacques Chirac de 1995 chez le François Hollande de 2016. A l'époque, le maire de Paris avait créé la surprise face au Premier ministre Edouard Balladur, hyper-favori des sondages.

Chirac et Hollande, relève-t-on ainsi, ont "en commun d'avoir toujours su déjouer les pronostics et d'aller à la rencontre des Français sans se soucier des pronostics et des commentateurs parisiens".

Tous deux ont aussi en commun d'être ou d'avoir été "challengers dans leur propre camp", reconnaît un autre fidèle du chef de l'Etat. Mais l'analogie, selon lui, s'arrête là. "A la différence de Chirac en 1995, François Hollande, président sortant, a la volonté de faire valoir les résultats obtenus lors de son quinquennat", explique-t-il.

Quoi qu'il en soit, un trio s'active dans les coulisses de l'Elysée pour donner du "sens" à une éventuelle candidature de François Hollande à sa propre succession.

Stéphane Le Foll, fidèle lieutenant du chef de l'Etat et porte-parole du gouvernement, Guillaume Bachelay, numéro deux du PS, et Vincent Feltesse, conseiller politique du chef de l'Etat, sèment leurs petits cailloux depuis le premier discours-bilan de François Hollande à Carcassone en mai 2015 jusqu'à ceux du Rond-Point et de Wagram, cette année.

- Hollande 'ne peut pas se dérober' -

Quant aux doutes qui assaillent les grognards de la Hollandie, ils laisseraient le premier intéressé de marbre.

Jeudi, Michel Sapin voyait en Manuel Valls le "candidat naturel" de la "gauche de responsabilité" si le président ne se représentait pas. Autre poids lourd du gouvernement, Jean-Yves Le Drian, a jugé dimanche que l'hôte de Matignon serait "le mieux placé" dans cette hypothèse.

"Mais tout ceci n'a absolument rien de nouveau ni d'original, puisque le président lui-même a dit que sa décision ne serait prise qu'en décembre", tente de désamorcer l'entourage présidentiel.

Un intime s'alarme quand même, relevant que "dès que vous avancez des alternatives, vous affaiblissez le président", même s'il en est persuadé: "Tout ceci s'effondrera le jour où Hollande annoncera sa décision."

En attendant, le palais présidentiel comme Matignon bruissent de mille supputations. Ebranlée un temps par la publication du livre-confessions de deux journalistes du Monde, l'hypothèse d'une candidature de Hollande tient désormais la corde.

"S'il a pris sa décision, il en est le seul détenteur mais je pense qu'il est candidat", estime l'un.

"Valls est très clair: si Hollande y va, il est +out+. Et Hollande sera candidat, ça ne fait aucun doute! Même s'il fait 1% il s'en fout, il ne veut pas apparaître comme celui qui a peur", juge un autre, dans le premier cercle du locataire de Matignon.

"Evidemment que Hollande va y aller. Je le sais depuis 2012 qu’il va se représenter. C’est le seul qui peut rassembler" et le cas échéant, gagner, veut croire une ministre.

Pour françois Rebsamen, maire PS de Dijon et proche du président, celui-ci "ne peut pas se dérober, il est par essence, institutionnellement, le meilleur candidat", explique-t-il dans une interview au groupe Ebra publiée mardi. Hollande est, selon lui, un "point d'équilibre" à gauche.

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  • M7166371 il y a 4 semaines

    il se ballade aux frais de la princesse , gaspillage jusqu'au bout ...

  • aerosp il y a 4 semaines

    il aurait dû se présenter aux primaires de la droite

  • M7847994 il y a 4 semaines

    IL sillonne de long en large la France pour expliquer se qu'il à fait est inutile, on a le résultat ;cela nous suffit