Immobilier : ventes en baisse mais prix en hausse à Paris

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Partout en France les ventes immobilières se sont ralenties au deuxième trimestre 2012. Les prix sont globalement en légère baisse, quasiment stables en Ile-de-France et encore en hausse à Paris.

Paris n'est décidément pas la France. Alors qu'à travers le pays, le marché immobilier donne de nets signes de ralentissement des ventes s'accompagnant d'une stabilité ou d'une baisse des prix, la capitale résiste encore. Selon les statistiques des notaires de Paris et d'Ile-de-France, publiées ce jeudi, le prix moyen du mètre carré parisien a encore progressé de 1 % au deuxième trimestre 2012 par rapport au précédent. Il s'établissait à ce moment-là à 8340 euros, se rapprochant du record du troisième trimestre 2011 (8370 euros le mètre carré). Il pourrait même dépasser les 8500 euros ce mois-ci selon les projections réalisées par les notaires sur la base des promesses de ventes.

Et pourtant les ventes ont connu un sacré coup d'arrêt au deuxième trimestre à Paris comme ailleurs. Les transactions d'appartements anciens ont plongé de 22 % à Paris par rapport à l'an dernier, de 18 % en proche banlieue et de 23 % en grande couronne. Les maisons ne font pas mieux avec des ventes franciliennes en chute de 23 % pour l'ancien et 31 % pour le neuf. Dans certains départements, c'est l'effondrement comme dans le Val d'Oise où les ventes d'appartements anciens et neufs ont plongé de 35 % et 40 %.

Dans ces conditions, la résistance des prix laisse les notaires perplexes. «La corrélation entre prix et volumes de ventes n'est pas systématique», souligne Thierry Delesalle, notaire à Paris, en montrant - exemples à l'appui - que par le passé les baisses de ventes ont pu s'accompagner simultanément d'une baisse des prix, ou d'une baisse décalée voire d'une absence de baisse. Avec la baisse des incitations fiscales et l'incertitude politique et économique de ce deuxième trimestre, bon nombre de vendeurs avaient quitté le marché. «Mais dans le même temps, il y a eu une diminution des acheteurs dans les mêmes proportions», estime Me Delesalle, d'où la résistance des prix.

Folie de la pierre parisienne

La folie de la pierre parisienne semble cependant derrière nous. La hausse moyenne annuelle des prix s'est limitée à 2,5 % dans la capitale contre 1,9 % en Ile-de-France et une stabilité parfaite pour la France entière (0 % sur un an et -0,3 % sur le deuxième trimestre 2012). Pour la première fois depuis longtemps, certains arrondissements ont vu leur prix baisser sur un an: -0,2 % dans le XIIe et -2,5 % dans le IVe. Cela n'a pas empêché le VIe de prendre encore 7,2 % à 13.200 euros tandis que le VIIe bondissait de 6,7 % à 12.350 euros.

Si les statistiques notariales évoquent une situation vieille de plusieurs mois déjà, elles semblent en phase avec la perception actuelle des agents immobiliers. Les ventes sont en chute libre, les délais de transaction s'allongent mais les prix résistent encore surtout dans les arrondissements les plus recherchés. Les acheteurs ont désormais plus de poids pour dicter leurs conditions mais bon nombre de vendeurs pourraient se retirer du marché: la fixation des prix fait donc l'objet d'âpres négociations. «Les acheteurs veulent déjà fixer les prix de demain tandis que les vendeurs rêvent encore de ceux d'hier», résume David Amanou, directeur de District immobilier, un réseau de trois agences au c½ur de Paris.

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  • gepadtun le jeudi 13 sept 2012 à 17:56

    Mon boulanger a doublé le prix de ses baguettes. Il n'en vend presque plus, mais il est super content d'être devenu une boutique de luxe.

  • M782215 le jeudi 13 sept 2012 à 14:02

    Cela fait penser au coyote qui ne tombe pas alors qu'il a le vide du précipice sous ses pieds : c'est juste une question de temps avant la chute, et en général elle est assez rude.

  • duine le jeudi 13 sept 2012 à 13:55

    QUE DE LA CONTRADICTION DANS CET ARTICLE