Immobilier : Shanghaï restreint le marché pour les célibataires

le
0
Pour freiner la hausse des prix, Shanghaï empêche les provinciaux célibataires d'acheter un appartement.

À Shanghaï

En Chine, les collectivités locales déploient des trésors d'imagination pour apporter leur pierre à l'édifice national. Alors que Pékin essaye depuis bientôt deux ans de freiner l'envolée des prix immobiliers aux quatre coins du pays, Shanghaï a eu l'idée originale d'empêcher les provinciaux célibataires installés dans la capitale économique chinoise d'acheter un appartement. Les Chinois sont rattachés administrativement à leur lieu de naissance, et restent d'éternels migrants dès qu'ils le quittent. Cette nouvelle mesure, adoptée l'an dernier, est entrée en vigueur cet été pour endiguer la hausse des prix des appartements.

Les migrants devront rester locataires, à moins de fonder une famille. Une gageure sans appartement. Dans la métropole chinoise, il est de bon ton d'être propriétaire quand on est en quête de l'âme s½ur. Aujourd'hui, un provincial, même aisé, doit donc être marié, ne pas posséder d'autres biens en ville et avoir payé des impôts locaux sur les douze derniers mois pour prétendre à l'accès à la propriété.

Les provinciaux ne sont pas les seuls dans le collimateur des autorités shanghaïennes. Les jeunes couples shanghaïens n'ont le droit d'acheter qu'un seul bien depuis peu, qui devra être leur résidence principale. «Ces restrictions ne servent à rien. Les achats des provinciaux en banlieue représentent entre 10% et 20% de ce marché et quand on regarde des quartiers plus centraux, on tombe même à 5%», estime Song Huiyong, directeur à Shanghaï de la branche conseil de Centaline, un des premiers réseaux d'agences immobilières en Chine.

Le marché immobilier est un vrai casse-tête pour les autorités chinoises. Alors que le rythme de la croissance s'essouffle, ayant atteint son plus bas niveau en trois ans et demi au dernier trimestre, à 7,6%, Pékin espère relancer son moteur grâce à l'investissement. Ceux du secteur immobilier sont importants. Ils représentaient plus de 13% du produit intérieur brut au premier semestre.

Seulement l'immobilier est aussi un secteur sous haute surveillance, objet de toutes les spéculations dans un pays où les options d'investissements sont rares. La Bourse enregistre de piètres performances; les banques rémunèrent peu l'épargne; et la monnaie non-convertible limite les possibilités d'investissements à l'étranger. Le Parti craint, de son côté, qu'une hausse des prix alimente la grogne sociale. Et malgré tous ses efforts pour endiguer l'envol du mètre carré, les prix immobiliers ont bondi de 33% entre juin et juillet, selon les chiffres du China Real Estate Index System. Ils étaient encore en hausse, le mois dernier, dans 49 des 70 villes étroitement surveillées par le Bureau national des Statistiques.

Le problème est aussi bancaire. Mi-août, la China Banking Regulatory Commission a invité les banques à recouvrir leurs créances liées à l'immobilier, inquiète de la progression des prêts non performants. Face aux restrictions multiples, les promoteurs connaissent des difficultés, même les stars du marché. SOHO, premier promoteur de Pékin, a publié des bénéfices nets en recul de 65% au premier semestre.

LIRE AUSSI:

» 85% des Chinois ne peuvent pas s'acheter de logement

» Chine: la fin de la bulle immobilière n'est pas indolore

SERVICE:

» Retrouvez toutes les annonces immobilières avec Explorimmo

SUIVEZ LE FIGARO IMMOBILIER SUR:

» Twitter: @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant