Immobilier : retour à la raison sur la Côte d'Azur

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Les acquéreurs des villas de luxe à Cannes ou Saint-Tropez ne sont plus prêts à acheter à n'importe quel prix. Les étrangers, eux aussi, ont changé d'approche.Les acquéreurs des villas de luxe à Cannes ou Saint-Tropez ne sont plus prêts à acheter à n'importe quel prix. Les étrangers, eux aussi, ont changé d'approche.

Le marché des résidences secondaires est sous pression et même les propriétaires des villas de luxe de la «French ­Riviera» ont dû revoir leurs prétentions et leurs prix à la baisse. «Ceux qui achètent ces biens le font pour se faire plaisir, nous vendons du life­style, explique Mark Harvey, associé chez Knight Frank, mais la demande des étrangers a chuté d'environ 30 % depuis un an.»

La France conserve une aura particulière auprès des étrangers. «La France, c'est le pays du luxe pour beaucoup d'étrangers, avoir une résidence haut de gamme fait toujours rêver», ajoute Laurent Demeure, le président de Coldwell Bankers France et Monaco. Mais, crise oblige, même les plus fortunés sont devenus plus regardants quand il s'agit d'investir. «Les biens qui se vendent aujourd'hui sont négociés au plus juste prix, les vendeurs qui s'accrochent à des valeurs anciennes ne vendent pas», explique Sylvain Boichut, le directeur commercial de John Taylor pour qui «seuls les biens de qualité, bien placés et en parfait état parviennent à maintenir leurs prix».

Les acquéreurs savent que les prix avaient beaucoup augmenté ces dernières années et n'hésitent plus à faire des offres nettement plus basses que ce qui est demandé au départ. Au risque de les voir refusées. «Les acheteurs ne font plus de compromis sur les petits défauts. J'ai même vu au Cap d'Antibes une propriété mise en vente à 5 millions d'euros, alors qu'elle l'avait été à 8 millions il y a quelques années», ajoute Mark Harvey qui s'attend à une poursuite de l'effritement des prix en 2013 et début 2014.

L'effet Hollande a joué sur la demande des étrangers

Sans surprise, c'est là où les prix s'étaient le plus envolés qu'ils se tassent le plus aujourd'hui. Le marché immobilier de luxe de Saint-Tropez a ainsi souffert. «C'est un marché qui s'était enflammé de manière artificielle, les biens à la décoration provençale ne séduisent plus les acheteurs», reconnaît Sylvain Boichut. «La ­demande revient sur des biens entre 1 et 5 millions d'euros, les ventes importantes sont bloquées, d'autant que des banques rechignent à fi­nancer ces achats» estime Mark ­Harvey. Même sentiment chez John Taylor quant à la frilosité des banques. «Elles demandent aux investisseurs étrangers un apport personnel d'au moins 50 %», note Sylvain Boichut.

Pendant plusieurs mois, les incertitudes fiscales ont pesé sur le marché. Ce que certains qualifient «d'effet Hollande» sur les prix commence à être assimilé. L'adoucissement du mode d'imposition des plus-values immobilières, qui va passer début septembre de 30 à 22 ans, est un signal positif qui devrait calmer les esprits.

Parmi les «trophées» de la Côte d'Azur, comme les Anglo-Saxons appellent les propriétés d'exception, est en vente actuellement la villa Pausa. Cette propriété des années 1930, qui offre des vues spectaculaires sur la Méditerranée à Roquebrune-Cap Martin a appartenu à Coco Chanel et est en vente 40 millions d'euros. Les étrangers sont devenus plus exigeants et négocient plus qu'avant mais certains craquent toujours pour le luxe à la française. «Un Russe a acheté récemment une propriété de plus de 25 millions d'euros à Saint-Jean-Cap-Ferrat», se réjouit Sylvain Boichut.

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  • khmane08 le mardi 25 juin 2013 à 10:03

    on commence à vouloir sortir du virtuel

  • goldor1 le lundi 24 juin 2013 à 23:58

    Ou! ou! ou! effectivement c'est terminé.

  • 13win le lundi 24 juin 2013 à 22:36

    La fète est finie...