Immobilier : quels prix, quelle durée de crédit et quel apport personnel pour les Français ?

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Au cours des trois dernières années, les prêts immobiliers de très longue durée (plus de 20 ans) ont fortement augmenté en France.
Au cours des trois dernières années, les prêts immobiliers de très longue durée (plus de 20 ans) ont fortement augmenté en France.

OptimHome a publié mardi 24 mai les résultats d’une étude réalisée en partenariat avec l’Ifop sur le rapport des Français à l’immobilier. Principale observation : les Français contractent désormais des prêts immobiliers pour des durées de plus en plus longues. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Qui dit « achat immobilier » dit également « budget » et bien souvent « crédit immobilier ». Concernant ce second sujet, les habitudes des Français ont beaucoup évolué au cours des dernières années, révèle une enquête OptimHome/Ifop menée en avril 2016 auprès d’un échantillon de 1.522 personnes représentatives de la population française, âgées de 25 à 65 ans.

Achat immobilier : pour quel prix ?

Selon l'étude, 35% des personnes ayant acheté un logement au cours des trois dernières années ont acquis un bien d'une valeur inférieure à 150.000 euros. Cette peut représenter des biens au profil varié selon leur localisation : à Paris, un tel budget aura tendance à désigner un appartement de moins de 15m², tandis que dans les communes rurales, ce même budget peut facilement représenter une maison avec trois chambres, un salon et un jardin.

25% des achats réalisés au cours des 3 derniers années ont concerné des biens d’une valeur comprise entre 150.000 et 200.000 euros, 30% entre 200.000 et 350.000 euros, les 10% restants concernant des biens d’une valeur supérieure à 350.000 euros (dont 4% supérieure à 500.000 euros).

Pour Olivier Colcombet, Président du groupe OptimHome, « la baisse globale du niveau des prix de l’immobilier au cours des dernières années n’a pas entraîné une baisse du budget des acheteurs. Ceux-ci ont globalement préféré conserver un budget identique qui leur a permis d’acheter des biens un peu plus grands, par exemple avec une chambre en plus ».

Avec quelle proportion d’apport personnel ?

Pour ces achats, le recours à un crédit immobilier a naturellement été fréquent : 77% de ces achats ont été réalisés avec une part de crédit bancaire, même si 23% ont été réalisés sans crédit.

Parmi les 77% ayant eu recours à un emprunt immobilier, il est intéressant d’observer quelle part du prix du bien immobilier a tout de même pu être financée par un apport personnel (épargne personnelle) pour l’achat d’une résidence principale.

Au cours des trois dernières années, seuls 11% des emprunteurs ont pu financer au moins la moitié de la valeur de leur bien avec leur propre épargne. À l’inverse, 59% des emprunteurs n’ont pas pu financer plus de 20% de leur achat avec leur propre argent.

Crédit immobilier : pour quelle durée ?

Les taux de crédit historiquement faibles ont surtout provoqué une banalisation des prêts à très long terme, pour le meilleur comme pour le pire. Les taux faibles permettent en effet aux ménages de pouvoir s’endetter pour des durées plus longues sans payer davantage d’intérêts, malgré la difficulté de devoir passer une bonne partie de leur vie active à rembourser leur emprunt.

Selon l'étude, au cours des trois dernières années, 39% des crédits immobiliers ont ainsi été accordés pour des durées très longues de 21 à 30 ans, ce qui constitue « une surprise » pour Olivier Colcombet, qui ne s’attendait pas à une telle augmentation du nombre de crédits à très long terme en France. 29% des crédits ont été accordés pour des durées de 16 à 20 ans, 23% entre 10 et 15 ans, 6% entre 5 et 10 ans, et 3% pour une durée de moins de 5 ans.

Une large majorité de crédits est donc désormais accordée pour une durée de plus de 15 ans, alors que les crédits à 15 ans représentaient encore au début des années 2000 la durée quasi-maximale d’emprunt pour les particuliers français.

On rappellera que l’allongement des durées de crédit immobilier a notamment pour risque de favoriser les situations de surendettements individuels, particulièrement en l’absence de perspectives de croissance économique élevée à l’échelle nationale et en l’absence d’inflation.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • kpm745 le jeudi 26 mai 2016 à 10:08

    La politique de l’immobilier en France appliquée par les gouvernements successifs est une catastrophe. Elle entretient une bulle avec des prix exorbitants sous la pression des banquiers et autres lobbies (voir statistiques Friggit). Les conséquences sont graves : exil des jeunes diplômés qui ne peuvent plus se loger dignement, remplacement par une main d’œuvre low cost venant de l’étranger. La France de demain va être belle …

  • heimdal le jeudi 26 mai 2016 à 09:08

    Les taux bas auront une fin et là,malheur à l'immobilier quand les taux remonteront .

  • M2088646 le mercredi 25 mai 2016 à 18:01

    @faites_c Reviens les pieds sur terre ! tout le monde ne vit pas à Paris...

  • faites_c le mercredi 25 mai 2016 à 17:27

    "Selon l'étude, 35% des personnes ayant acheté un logement au cours des trois dernières années ont acquis un bien d'une valeur inférieure à 150.000 euros." En clair, environ 35% des interrogés ont acheté au mieux un studio au pire un placard à balais!

  • faites_c le mercredi 25 mai 2016 à 17:25

    Ah bon 1522 personnes sont censées avoir un comportement individuel identique à un peu plus de 40 millions d'individus qui ont tous un comportement individuel différent? Pourrait aussi s'appeler "Comment tirés des leçons à l'aide d'une variable aléatoire"!!!

  • dotcom1 le mercredi 25 mai 2016 à 17:20

    Les reventes successives de résidence principale est l'un des seuls moyens qui reste aux foyers modestes pour s'enrichir. Alors qu'ils en profite avant qu'une loi les en empêche.

  • stan38 le mardi 24 mai 2016 à 17:13

    Ces chiffres illustrent le fait que les français se sont appauvris et que la perspective d'enrichissement par l'immobilier s'éloigne. De là à les convertir à investir en actions il y a un grand fossé.