Immobilier : Paris tire toujours les prix vers le haut

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Le mètre carré atteint en moyenne 8344 euros dans la capitale selon le réseau d'agences Century 21. Un nouveau record alors que les taux d'intérêt poursuivent leur remontée. VOTRE AVIS - Est-ce encore le moment d'acheter ?

Les prix des logements anciens en France ont augmenté de 7,4% sur un an au premier semestre 2011, selon les chiffres publiés ce mardi par le réseau d'agences immobilières Century 21.

La flambée des prix à Paris intra-muros contribue grandement à tirer les prix à la hausse, explique Laurent Vimont, président du réseau. Avec une augmentation de 17,9% sur un an le mètre carré atteint 8344 euros en moyenne dans la capitale, soit un bond de plus 1200 euros en 12 mois.Les deux grandes métropoles de province voient également les prix continuer de grimper. Lyon et sa région on pris 6,85% sur un an à 2653 euros le mètre carré en moyenne et Marseille et sa région 4,92% à 2774 euros par mètre carré.

Pour l'Ile-de-France, la hausse, sur un an, reste forte (+10,3%), principalement à cause des Hauts-de-Seine (+13,6%) et du Val-de-Marne (+14,5%). La tendance est en revanche à une quasi stabilisation par rapport au deuxième semestre 2010 en Seine-et-Marne (-1,37%) et en Seine-Saint-Denis (+0,96%).

Les hausses des prix sont cependant très disparates selon les régions. Six d'entre elles voient même leur prix baisser par rapport à la même période de 2010. Il s'agit de la Bourgogne (-6,9%), l'Alsace (-4,3%), l'Aquitaine (-2,6%), l'Auvergne (-1,1%), le Limousin (-0,8%) et le Nord-Pas-Calais-Picardie (-0,1%). Mais cela n'a pas empêché le prix moyen d'une transaction de franchir, pour la première fois, le cap symbolique des 200.000 euros (210.438 euros) en métropole.

Baisse du nombre de transactions

Le réseau souligne cependant que parallèlement, le nombre de transactions a baissé de 7,1%. «Le marché s'autorégule et évite qu'une bulle immobilière se forme», affirme Laurent Vimont, qui s'appuie sur les 20.000 transactions réalisées par son réseau au cours des six premiers mois de 2011.

La baisse des transactions est confirmée par Laforêt, autre grand réseau. «Nous enregistrons une baisse de 2% pour les quatre premiers mois de l'année comparé à la même période de l'an dernier», indique Jean-Philippe Daviau, son directeur marketing. Déjà les notaires parisiens avaient fait état, le 23 juin, d'une baisse du nombre de transactions dans la capitale (-7% sur un an à 7300 ventes) pour la période février-avril 2011.

La forte hausse des prix a en effet entraîné la mise à l'écart des moins de 30 ans. La part de cette tranche d'âge parmi les acquéreurs chute drastiquement : près de 10% en métropole et surtout près de 20% en Ile-de-France et plus de 25% à Paris, selon Century 21.

Le crédit plus cher

Autre cause de la baisse des transactions, la remontée des taux d'intérêt des crédits immobiliers. Ils s'établissent en moyenne à 3,86% en juin contre 3,82% en avril, après un plus bas (3,22%) depuis 1945 atteint en novembre 2010, explique l'Observatoire Crédit Logement/CSA publiée mardi. Ils sont désormais revenus au niveau de l'été 2006 lorsque le marché immobilier était en pleine expansion, avant la crise, souligne Crédit Logement.

«Sur 100 dossiers de crédits immobiliers qui étaient finançables en décembre 2010, 15 ne le sont plus aujourd'hui», affirme le courtier Empruntis.com dans un communiqué. Pour Maël Bernier, porte-parole d'Empruntis.com, «c'est un chiffre préoccupant pour le pouvoir d'achat des Français en matière d'immobilier. Même si cela était affiché dans les priorités du chef de l'Etat à son arrivée, les Français qui souhaitent devenir propriétaires sont aujourd'hui dans une situation compliquée, particulièrement les primo-accédants».

Des vendeurs trop gourmands

«Les vendeurs croient encore que tout se vend et que tout augmente. Ils ont enregistré les hausses de prix du passé mais ont totalement occulté la baisse des volumes de vente constatée par tous les analystes», indique de son côté Sébastien de Lafond, président du courtier MeilleursAgents.com. Pour lui, «les acheteurs, eux, ont compris la nouvelle dynamique du marché et parient sur la baisse des prix. Il faudra au moins encore six mois avant de constater une baisse réelle des prix dans les statistiques du marché».

(Avec AFP)

VOTRE AVIS - Les prix ont-ils atteint leur plus haut niveau ? Pensez-vous qu'il s'agit d'une bulle immobilière et que les prix vont fatalement s'effondrer? L'immobilier est-il encore un bon investissement ? Partagez votre opinion et votre expérience dans les commentaires ci-dessous ou par email à l'adresse temoin@lefigaro.fr

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