Immobilier : malgré les villes fantômes, les prix remontent en Chine

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Les Chinois mettent tout en œuvre pour faire repartir un marché immobilier qui s’est brutalement refroidi après des années de surchauffe. C’est la première hausse des prix enregistrée depuis presque un an.

Les prix de l’immobilier dans les principales métropoles chinoises ont continué de se renforcer en août, s’affichant en hausse sur un an pour la première fois depuis onze mois, soutenus par les mesures d’assouplissement monétaire engagées par Pékin. Selon une étude indépendante du cabinet China Index Academy (CIA) publiée mardi, le prix moyen d’un logement neuf dans 100 des plus importantes villes du pays a progressé de 0,95% en août par rapport à juillet, à 10.787 yuans (1.505 euros) le mètre carré.

C’est le quatrième mois consécutif de hausse des prix immobiliers en glissement mensuel. Ils accélèrent même leur rebond, après +0,54% sur un mois en juillet. Par ailleurs, ils s’affichent en progression de 0,15% par rapport à août 2014: il s’agit de leur premier rebond sur un an depuis onze mois. Le prix des logements neufs dans les dix plus grosses métropoles chinoises a même bondi le mois dernier de 3,83% sur un an, à 19.962 yuans/m2, accélérant nettement après une hausse de 1,30% en juillet.

Ce sursaut intervient à l’issue d’une longue période d’essoufflement du marché immobilier chinois, qui s’était brutalement refroidi après des années de surchauffe et d’excès. Afin de stimuler l’investissement immobilier et foncier, en net repli sur fond de vif ralentissement économique, la banque centrale chinoise (PBOC) avait abaissé fortement en mars l’apport minimal requis pour acheter une résidence secondaire, le faisant passer à 40%, contre 60% ou 70% précédemment. Et le gouvernement a annoncé mardi que ce niveau allait être encore abaissé, à 20% seulement.

Un stock considérable de biens invendus

De son côté, la PBOC a multiplié les assouplissements monétaires (baisses des taux d’intérêt, réduction des ratios de réserves obligatoires imposés aux banques) destinés à doper le crédit, rendant ainsi plus attractifs les prêts immobiliers. «Le marché continue de se reprendre, à la suite des assouplissements réglementaires» et les récentes annonces de la banque centrale «vont encore davantage encourager les acheteurs», notaient les experts de la China Index Academy.

«Avec l’appui des gouvernements locaux et l’accélération des projets de construction des promoteurs, il faut s’attendre à ce que l’offre comme la demande continuent de se ranimer jusqu’à la fin de l’année», ajoutaient-ils dans une note. Tout en avertissant néanmoins: les groupes immobiliers ont encore sur les bras des stocks considérables d’appartements invendus, qu’il faudra du temps pour écouler, expliquait Le Figaro Immobilier il y a quelques jours, en faisant notamment un point sur les villes chinoises «fantômes» - comme Jing Jin ou Ordos - où des maisons et des immeubles entiers sont... complètement vides.

La croissance économique chinoise s’est stabilisée à 7% au deuxième trimestre, après avoir enregistré en 2014 sa plus faible performance depuis près d’un quart de siècle, et la conjoncture reste sombre. Or, l’immobilier et le secteur de la construction constituent toujours un pilier majeur de la deuxième économie mondiale. Sans compter que les ventes de terrains représentent une source de revenus majeure pour les gouvernements locaux, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir le marché.

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  • remimar3 le mardi 1 sept 2015 à 10:23

    Les chinois ont tellement le jeu dans le sang qu'ils sont prêts à parier sur n'importe quoi.