Immobilier : les stations de ski doivent investir

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Un quart des hôtels et des locations ne sont plus adaptés aux attentes des vacanciers.

Seules les remontées mécaniques s'élevant à plus de 1 800 mètres ont pu proposer avec certitude des possibilités de ski le week-end dernier… quand elles étaient équipées de canons à neige. Dans les Pyrénées-Orientales, l'unique station à afficher piste ouverte est celle du Puigmal… sur 30 % de son domaine. Et même si les premiers flocons commencent à tomber sur les stations alpines, il n'est pas certain que le nouveau village du Club Med de Valmorel (Savoie) soit sous la neige pour son inauguration, le 9 décembre.

La douceur de l'automne n'est pas la seule menace planant sur les stations de ski. «25 % à 30 % du parc immobilier ne correspond plus aux attentes de la clientèle à la fois en termes de surface et d'équipement, concède Christine Laymard, directrice générale de l'Association nationale des élus de montagne. Il manque parfois un micro-onde, un accès au Wi-Fi…» Appelées «lits froids», ces résidences secondaires, peu louées car inadaptées au marché, menacent l'économie du secteur. La rénovation est une priorité pour les stations françaises, bien plus que la construction neuve.

Remontée en gamme 

L'urgence est d'autant plus vive que la concurrence autrichienne et italienne est pressante et que le vacancier hivernal skie moins. «Le skieur a en moyenne aujourd'hui 40 ans. Il avait quatre ou cinq ans de moins il y a dix ans», analyse Claude Faure, président du directoire de S3V, qui gère les remontées mécaniques des Trois Vallées (Savoie). Pour attirer une clientèle nouvelle, les investissements se multiplient dans les stations haut de gamme. À Courchevel, 135 millions d'euros seront investis sur les remontées mécaniques d'ici à 2020. Un plan couplé à des programmes immobiliers. «Nous réinvestissons dans le foncier pour construire notamment un centre aqualudique de 70 millions d'euros», explique Nicolas Feidt, directeur des services de la commune.

Sur l'autre versant de la Saulire, à Méribel, le premier hôtel 5 étoiles de la station devrait ouvrir ses portes l'an prochain. L'investisseur savoyard, le groupe Chœur de Chaudanne, y possède déjà trois établissements et des résidences de luxe. Ici, près de 40 millions d'euros seront dépensés sur deux ans par la S3V et Alpina (groupe Compagnie des Alpes) pour moderniser les remontées mécaniques de Méribel et Méribel-Mottaret.

Sans ces investissements croisés entre remontées mécaniques neuves et rénovation résidentielle, point de salut. «Notre taux de rentabilité est en chute, relève Claude Faure. Notre résultat net d'exploitation était l'an dernier de 4 millions d'euros contre 12 millions il y a cinq ans.»

D'après Domaine skiable de France, le chiffre d'affaires développé par les remontées mécaniques françaises s'élève à 1,1 milliard d'euros, dont 88 % pour les seules stations de Savoie et de Haute-Savoie. Or, selon la Cour des comptes, les investissements à la charge du délégataire dans ce domaine sont souvent «mal définis» par les contrats de concession. Ainsi, à Villars-de-Lans (Isère), sur les trente ans que dure cette délégation, seuls les dix premiers «prévoient un contrat minimal d'investissement». La Cour relève : «Aucun engagement n'est formalisé pour les deux décennies suivantes.»

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