Immobilier : les prix résistent malgré la chute des ventes

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Les ventes de logements anciens devraient encore reculer de 11 % cette année, selon le Crédit Foncier. Pour autant, les prix ne devraient baisser que de 3 % à 8 %, avec de fortes disparités régionales.

«Le marché du logement se fige», constate une étude du Crédit foncier. Malgré des taux de crédit historiquement bas (2,97% en moyenne hors assurance en mai), «les tendances observées en 2012 se sont poursuivies au premier trimestre. L'activité a encore ralenti sur l'ensemble des territoires, tant dans le neuf que dans l'ancien», précise l'étude. Dans un contexte économique morose, les ménages jouent donc la prudence. «Ils s'imposent des freins souvent psychologiques», estime Emmanuel Ducasse, directeur des études immobilières au Crédit Foncier. D'un côté, les propriétaires craignant de ne pas parvenir à céder leur bien, renoncent souvent à le mettre sur le marché. Et de l'autre, les acheteurs attendent une baisse des prix qui peine à se matérialiser.

Malgré la chute des volumes de transaction, le recul des prix reste très modéré et plus que jamais différencié. «En moyenne, les prix de l'immobilier affichent une quasi stabilité, mais les écarts se creusent de plus en plus selon la situation géographique et la qualité du logement», selon l'étude. Dans l'ensemble, les prix des logements de qualité se maintiennent, voire progressent encore dans les centres-villes très recherchés. En revanche, ils se stabilisent, ou baissent dans les campagnes éloignées des agglomérations.

«Accroissement des marges de négociation»

À Paris, où globalement les prix de l'ancien stagnent depuis un an, la situation est de plus en plus contrastée: les prix ont baissé de 0,4% à 11,5% entre fin mars 2012 et fin mars 2013 dans la moitié des arrondissements dont le IVe, alors qu'ils continuent à monter (jusqu'à +2%) dans l'autre moitié. Fait nouveau, «les prix des logements haut de gamme situés à Paris ou à l'ouest de la capitale commencent aussi à décrocher», constate Stéphane Imowicz, directeur général de Crédit foncier immobilier. À Neuilly, par exemple, les prix de ces biens baissent de 6%.

Ces tendances devraient perdurer. Sur les marchés où l'offre est inférieure à la demande, comme à Paris et dans les centres des grandes métropoles régionales, «les prix resteront sous tension», estime l'étude. «Ailleurs, l'exigence des acheteurs devrait encore augmenter, se traduisant par une sélectivité accrue et un accroissement des marges de négociation». Au total, les prix devraient donc reculer de 3% à 8% en 2013. Mais cela ne suffira pas à redynamiser le marché immobilier.

La production de crédits immobiliers devrait continuer à fondre

Le Crédit foncier table ainsi sur la vente de 630.000 logements anciens cette année, soit 11% de moins qu'en 2012 (709.000). Dans le neuf, seuls 315.000 logements devraient être construits en 2013 (-9% par rapport à 2012), loin des 500.000 prévus par le gouvernement. «Pour que le marché redémarre, il faudrait que les prix qui ont doublé en dix ans, baissent de 5 à 15%», avance Stéphane Imowicz.

Dans ce contexte, la production de crédits immobiliers qui a encore reculé de 11% au premier trimestre, après un recul de 26% en 2012, devrait continuer à fondre. Les banques devraient prêter entre 110 et 115 milliards d'euros cette année, contre 119,3 milliards en 2012. Les taux des crédits devraient, eux, légèrement augmenter cette année (de 0,5% au maximum). «La concurrence entre les établissements bancaires devrait modérer l'impact de la hausse des taux», estime Emmanuel Ducasse.

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  • titi18 le jeudi 27 juin 2013 à 13:34

    Si on peut attendre, il vaut mieux patienter que le marché repart pour vendre à un meilleur prix. Il y a vraiment aucun intérêt de revendre dans un marché baissier à moins de vendre pour acheter un autre bien plus grand dans la foulée.

  • supersum le jeudi 27 juin 2013 à 09:46

    Je ne vois pas pourquoi les vendeurs sera pressé de vendre, ils peuvent attendre 5 ans peu importe

  • M9810937 le jeudi 27 juin 2013 à 09:30

    les taux ne vont surement pas augmenter, car personne ne va acheter "au même prix" : diminution du prix des biens et augmentation des intérêts ! plus personne ne veut enrichir les banquiers ... mais comme l'argent que ces banquiers ont en caisse doit travailler même à des rendements plus faibles... les taux vont donc "encore" baisser de 0.5% à 0.9% d'ici 10-12 mois...

  • sade11 le mercredi 26 juin 2013 à 20:52

    -35% dans le neuf dans certaines régions en prix de vente.