Immobilier : les prix remontent doucement... pour l'instant

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INFOGRAPHIE - Enthousiasme généralisé dans les réseaux immobiliers pour le premier semestre: ventes soutenues, taux bas et des prix qui se redressent doucement. Mais sur certains marchés la hausse des tarifs pourrait s’emballer.

Un quasi-alignement des planètes avec des indicateurs qui sont tous au vert et des réseaux immobiliers unanimes à souligner sa bonne santé. À ce jeu des apporteurs de bonnes nouvelles, c’est Laurent Vimont, le président de Century 21 qui est le plus lyrique estimant qu’il «est difficile de trouver des ombres au tableau que nous présente le marché immobilier de l’ancien depuis quelques mois».

Il est vrai qu’une fois n’est pas coutume les principaux réseaux immobiliers présentent des bilans et des analyses très proches. Les taux d’emprunt qui continuent d’aligner les records à la baisse contribuent à alimenter une activité qui a vraiment redécollé (+9,2% chez Guy Hoquet, +7,6% chez Orpi et +14,4% chez Century 21). Les prix, de leur côté, commencent à frémir à la hausse même si la plupart des spécialistes s’en félicitent. «Les prix de l’immobilier ancien semblent contenus et n’enregistrent qu’une légère remontée de 0,6% en un an» relève ainsi Century 21 tandis que chez Orpi qui évalue cette hausse à 0,2%, le président du réseau Bernard Cadeau note que «les prix marquent une très légère augmentation, pas de quoi s’alarmer pour autant» car il s’agit là d’un marché de long terme, d’un projet de vie, dont il ne faudrait pas selon lui comparer les soubresauts à ceux de la Bourse.

Une hausse de 3% au dernier trimestre

À y regarder de plus près, ou à jouer les oiseaux de mauvais augure, on peut pourtant constater que certains marchés sortent de cette hausse mesurée. Lyon et sa région affiche ainsi pratiquement 6% de hausse annuelle selon les chiffres de Century 21. Et du côté de Guy Hoquet, où l’on s’est concentré sur le dernier trimestre écoulé, on chiffre cette remontée des prix du mètre carré à 3%. Un bond plus sensible en régions (+2,1% le m²) qu’à Paris (+1%). On commence là à sortir du négligeable. «Dans une logique de demande en hausse, les biens restent moins longtemps à la vente: nous enregistrons une baisse des stocks de 11,5% par rapport à l’année dernière», relève Fabrice Abraham, directeur général du réseau.

Mais du côté de Century 21, on ne croit pas à une reprise qui viendrait gonfler sérieusement les tarifs. Laurent Vimont préfère parler de «dynamique saine» et écarte le risque de surchauffe pour le moment. «Les délais de vente raccourcissent légèrement pour s’établir à 95 jours ,explique-t-il. Bien que plus raisonnables, ces délais sont encore loin des plus bas observés en 2004 à 64 jours.» Même analyse chez son confrère, Bernard Cadeau: «Il ne s’agit pas d’un effet inflationniste, qui pourrait être dangereux, mais de la répercussion du dynamisme du marché».

Quel effet pour le Brexit

Il est vrai que le marché s’appuie sur des bases solides et attire très majoritairement des acheteurs qui ont besoin d’un toit. Guy Hoquet relève ainsi un léger renfort du côté des primo-accédants (qui pèsent 39% du marché du réseau au 2e trimestre contre 36% au 1er) tandis que les investisseurs se montrent toujours aussi frileux (16% du marché chez Guy Hoquet et 18,4% chez Century 21). De ce côté-là, l’encadrement des loyers et l’avenir économique incertain ne favorisent pas leur retour d’intérêt.

Et côté incertitude, celle sur laquelle les réseaux évitent de se prononcer, c’est l’impact du Brexit. Il est vrai que la plupart des économistes s’y cassent les dents mais si la décision britannique devait impacter à la hausse les taux d’intérêt, l’impact serait incontestable. Car, comme le note Century 21, ce sont ces excellentes conditions de crédit qui permettent aux acheteurs d’augmenter leur quotité de financement par l’emprunt et d’allonger leur durée de crédit ,si bien qu’ils achètent des logements plus grands: 112,5m² en moyenne pour une maison et 59,1m² pour un appartement, les chiffres les plus élevés atteint par le réseau (excepté au 2e semestre 2015). «Il est bien évidemment trop tôt pour spéculer sur un éventuel effet négatif du Brexit sur l’évolution des taux», préfère botter en touche Bernard Cadeau.

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