Immobilier : les prix parisiens se stabilisent... pour le moment

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Les professionnels de l'immobilier ne croient cependant pas à une baisse, et craignent un retour à la hausse dans les prochains mois.

Signe d'accalmie dans la frénésie immobilière parisienne. Après une croissance de plus de 20% sur un an au premier trimestre (chiffres des notaires), les prix des logements anciens ont marqué le pas cet été. «Nous avions anticipé un ralentissement de la hausse des prix dans le courant de l'année 2011. Les événements nous donnent heureusement raison», se réjouit Bernard Cadeau, président du réseau d'agences Orpi. Les sommets atteints au mois de juin, avec le plafond des 8000 euros par mètre carré allégrement crevé, combinés à la remontée progressive des taux de crédit, ont agi sur le volume des ventes depuis le début de l'année 2011. Il était logique qu'à terme, les prix subissent un ajustement. Car plus qu'une baisse, c'est bien d'une correction du marché dont il s'agit.

Purger les excès

«Si baisse il y a, cela concerne les très grands appartements d'au moins 100 m2 dont le prix avait été surestimé dans l'euphorie de la fin de l'année 2010 et du début de l'année 2011», explique Gilles Ricour de Bourgies, président de la FNAIM -Paris. «La capitale est un marché très particulier qui a auto entretenu la hausse des prix. Beaucoup de candidats à l'acquisition déjà propriétaires de leur logement avaient reporté leur projet à cause de la crise en 2009. En 2010, quand les prix sont repartis à la hausse, ils sont arrivés avec des apports très importants. De plus ils ont changé leur comportement. Plutôt que de revendre leur logement avant d'en acheter un autre, ils ont commencé par acheter sur un marché qui grimpait avant de faire supporter une partie du prix de leur nouvelle acquisition à l'acquéreur, poussant les prix à la hausse», confirme Laurent Vimont, président du Réseau Century 21. «Aujourd'hui, on purge les excès», ajoute-t-il. Une correction qui ne dépassera pas selon lui un léger fléchissement de l'ordre de 1%.

La menace de la fiscalité

«Les mois d'été ne sont pas représentatifs de l'activité normal du secteur. Il faut attendre le mois de septembre qui est traditionnellement un mois important concernant le volume de transactions»,affirme-t-il. «Il faut toujours rester prudent. Paris concentre tous les maux du marché immobilieravec une très forte demande et peu d'offre», ajoute Bernard Cadeau. Une pénurie qui risque selon lui d'aller en s'amplifiant... avec l'aide du gouvernement. «Il y a très peu de construction dans la capitale, et avec les nouvelles mesures fiscales, on dissuade les vendeurs de mettre leur bien sur le marché», explique-t-il. «Depuis le 25 août, et l'annonce de la taxation des plus-values à 32,5%, de nombreux vendeurs nous ont retiré leur produits», s'alarme Gilles Ricour de Bourgies. «Il serait dommage que ces nouvelles mesures ne mettent à mal la stabilisation des prix», conclut-il en forme d'avertissement aux députés qui s'emploient actuellement à raboter les niches fiscales.

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