Immobilier : les grandes surfaces se vendent mal à Paris

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Une enquête réalisée par le site Wall-Market.com confirme que l'offre d'appartements familiaux a fortement augmenté dans la capitale. Ce stock pourrait à terme faire pression sur les prix.

Paris stocke les grands appartements. Alors que les biens comportant 5 pièces ou plus ne représentent qu'environ 5 % de l'ensemble des logements de la capitale, une enquête réalisée pour la première fois par Wall-Market.com révèle que ces appartements de grandes surfaces constituent 20 % des biens actuellement mis en vente. La plate-forme d'annonces immobilières a étudié pendant deux mois les annonces de ses clients agents immobiliers, et a recensé 3100 offres concernant des biens de cinq pièces sur les 15.525 mandats dont ils ont la charge dans Paris. Une hausse sensible ressentie dans tous les arrondissements même si certains comme les 7ème, 8ème, 17ème et surtout 16ème concentrent la majorité du stock. Ce dernier comptabilise à lui seul 935 offres d'appartements d'au moins cinq pièces!

Plusieurs décisions politiques sont en parties responsables du gonflement des stocks. Le texte sur les plus values immobilières qui rétablit l'exonération après une durée de détention de 22 ans, contre 30 ans auparavant, a ramené des vendeurs sur le marché. Ensuite la taxation des hauts revenus a incité plusieurs propriétaires à quitter la France et à mettre en vente leurs spacieux appartements. Mais surtout, les acquéreurs se font désirer. Et l'explication n'est pas qu'économique car «Paris reste un marché de pénurie, où les logements de qualité se vendent toujours très vite et même très cher», explique Sylvie Dalmasso, responsable de l'agence Adresses Parisiennes du 16ème arrondissement. Inès Fontaneau, directrice de l'agence Daniel Féau à Saint-Germain Des Prés, confie ainsi que malgré les travaux, un appartement place Dauphine dans le 1er arrondissement s'est même vendu 26.000 euros le m2. La clientèle est donc toujours présente «mais elle a aujourd'hui le choix et n'hésite pas à comparer», précise Sylvie Dalmasso qui ajoute qu'il n'est plus rare de voir des acheteurs continuer à effectuer des visites après avoir signé une promesse d'achat, quitte à profiter du délai de rétractation pour casser le contrat.

A la recherche des m2 utiles

Premier étage peu lumineux, immeubles aux parties communes défraîchies, appartement haussmannien mal agencé, quartier trop calme... Voici les victimes du désamour des acheteurs. «Le problème des grandes surfaces est qu'elles ne sont pas adaptées à la demande actuelle», renchérit Guillaume Brochut, fondateur de Wall-market.com. «Les acquéreurs d'aujourd'hui achètent des chambres. Les logements de 120 à 140m2 avec trois à quatre chambres s'arrachent. En revanche, les vieux appartements haussmanniens de 200 m2 avec de grandes réceptions, et d'immenses couloirs ne séduisent plus. Les prix étant élevés les acheteurs veulent des m2 utiles», affirme-t-il. De nouvelles exigences que les vendeurs ont du mal à intégrer. «Les propriétaires campent sur leur prix», déplore Sylvie Dalmasso. Et ceci malgré l'allongement des délais de ventes qui sont parfois supérieurs à un an, ajoute Jean-Jacques Villers, de l'agence CMC. Guillaume Brochut estime qu'à terme, la réalité du marché et le poids des stocks devraient agir sur les prix et prévoit «une baisse de l'ordre de 5 à 10 % pour les grandes surfaces».

Les vendeurs ne sont cependant pas encore prêts à sauter le pas. «Beaucoup m'expliquent qu'aujourd'hui ils n'ont pas de meilleur placement que leur appartement, et qu'ils ne sont pas pressés de vendre», relate Sylvie Dalmasso. L'instabilité fiscale favorise cet immobilisme. Les réformes successives rendent vendeurs et acquéreurs méfiants. «Même nous, professionnels, nous ne parvenons plus à leur expliquer ce qu'il va se passer», dénonce Richard Tiberghien, de l'étude Wagram. La loi Alur de Cécile Duflot dont certaines mesures comme l'encadrement des loyers doivent entrer en vigueur en janvier prochain et pourraient ne rien arranger. «Aujourd'hui les petites surfaces se vendent très bien mais les investisseurs commencent à se poser des questions», constatent Jean-Jacques Villers. La tonalité du marché en début d'année prochaine sera donc révélatrice de ce que sera le marché immobilier en 2014.

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  • sergemop le samedi 14 déc 2013 à 11:32

    Un krach est innévitable