Immobilier : les entreprises déménagent moins

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Conséquence d'une faible croissance et de perspectives moroses, les locations de bureau ont plongé en 2013 et ne devraient pas redécoller cette année.

L'année dernière, le groupe informatique Sap a annoncé son déménagement à Levallois-Perret à côté du nouveau centre commercial, So Ouest. L'Oréal a pris de nouveaux bureaux à Clichy. Tout comme Orange à Bagnolet. Reste que, de façon globale, la location de surfaces de bureaux a plongé en 2013. «Avec 1,7 million de m2 de bureaux qui ont trouvé preneur en Ile-de-France, c'est le plus mauvais cru depuis dix ans en recul de 17% par rapport à 2012, analyse Ludovic Delaisse, directeur du département location chez le conseil en immobilier d'entreprise, Cushman & Wakefield. Et, cette année, nous tablons sur 2 millions de m2 loués seulement, ce qui sera encore en dessous des moyennes habituelles.»

À la Défense par exemple, les transactions ont chuté de 39%. Dans le 13ème arrondissement, à Paris Rive Gauche, elles ont reculé de 40%. Les causes de cet effondrement sont connues: faible croissance économique, progression du chômage et perspectives moroses n'incitent pas les entreprises à chercher de nouveaux locaux. En attendant, les conséquences sont immédiates: dans le QCA, les loyers (753 ¤/m2/an) ont baissé de 9%. «Surtout, les mesures d'accompagnement qui représentent des franchises de loyer vont jusqu'à 20%», souligne Ludovic Delaisse. La situation ne devrait pas s'améliorer rapidement car la proportion de locaux vides a augmenté. Elle dépasse aujourd'hui les 8%. Ainsi à la Défense, la tour First , entièrement réhabilitée en 2001, a encore des étages vides. Également dans le quartier d'affaires, la tour Carpe Diem, libérée il y a quelques mois, n'a toujours pas de locataire.

Les investisseurs continuent d'acheter des immeubles de bureaux

Cela n'empêche pas, en revanche, les investisseurs d'acheter des immeubles de bureaux. Tout simplement parce que cela représente encore, dans Paris intra muros et en proche banlieue ouest, un très bon investissement. «Un immeuble de bureau bien situé dans la capitale assure un rendement supérieur à 4% contre un peu plus de 2% pour l'OAT à dix ans», résume Thierry Juteau, directeur général chez Cushman & Wakefield, en charge de l'investissment immobilier. Ainsi, comme l'annonçait Le Figaro, le fonds d'investissement d'Abu Dhabi, Adia, a racheté à la banque suisse UBS quatre immeubles à Paris et à Lyon pour 672 millions d'euros. L'assureur Predica a, de son côté, racheté au promoteur Nexity pour 380 millions un campus à Chatillon loué à Orange. «En 2013, les investisements en immobilier d'entreprise auront atteint 15,1 miliards d'euros, ce qui se situe dans la moyenne des dix dernières années», affirme Olivier Gérard, président de Cushman & Wakefield.

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