Immobilier : les charmes cachés du Périgord

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Ceux qui cherchent des maisons de caractère peuvent trouver là de belles constructions qui ont une âme, maisons, manoirs ou châteaux.

Une belle campagne, des forêts de feuillus, des plantations de noyers, mais aussi, ici et là, des bananiers et des figuiers... A l’automne, le Périgord déploie toute sa splendeur. Pas de tags à l’horizon, pas trop de rond-points non plus quand on sillonne les petites routes de Dordogne entre Bézenac, Domme, la Roque-Gageac et les Eyzies-de-Tayac. Dans cette région occupée dès la préhistoire, et qui fut au cours de la Seconde Guerre mondiale un des hauts lieux de la résistance, les sites touristiques ne manquent pas: gouffre de Padirac, grotte de Lascaux, châteaux, bastides... Dix des plus beaux villages de France se trouvent là et la belle saison venue, les rivières font le bonheur des estivants.

En séjournant en Dordogne avant la guerre, l’écrivain américain Henry Miller se laissait déjà séduire. «Cette visite à la Dordogne fut pour moi, je le répète, d’une importance capitale: il m’en reste un espoir pour l’avenir de l’espèce et même de notre planète. Il se peut qu’un jour, la France cesse d’exister, mais la Dordogne survivra, tout comme les rêves dont se nourrit l’âme humaine.» Périgord vert, blanc, pourpre et noir, autant de paysages différents qui rythment le troisième plus grand département de France. Une région à découvrir ou à redécouvrir pour ceux qui recherchent une résidence secondaire ou, une fois à la retraite, rêvent de s’installer dans un lieu «authentique» (car pour y habiter pendant sa vie active, il faut bien avouer que les possibilités sont réduites, l’agriculture et le tourisme étant les deux principales activités).

Les Américains ne sont plus aujourd’hui très présents dans la région, les Britanniques, les Belges le sont davantage. Les Français qui aiment la campagne redécouvrent aussi, peu à peu, la région, où les prix ont beaucoup baissé ces dernières années. Un manoir, mis en vente à plus de 2 millions d’euros il y a quelques années, est aujourd’hui affiché à 1,4 million.

Un peu partout, les propriétaires qui veulent vraiment vendre ont dû revoir leurs prétentions à la baisse et beaucoup ne retrouvent pas leur prix d’achat, sans compter les sommes investies en travaux. «Généralement, mieux vaut acheter un bien restauré, car le coût des travaux fait rapidement monter le budget quand on a une surface de 500 m² à restaurer», estime Bruno de Saint Exupéry, responsable du bureau Emile Garcin en Périgord. Pour rassurer et aider les acheteurs à se rendre compte du coût du projet quand il y a des travaux, il fait faire des devis par des entreprises locales.

Le patrimoine architectural de la région est riche. Mais pas forcément très cher. Au Périgord, on est encore dans un marché de crise, notamment sur le segment des châteaux, avec une offre importante et des acheteurs exigeants. «Le marché des châteaux est difficile, car il y a peu de biens de qualité à bon prix. Il faut qu’ils soient sans nuisance, c’est-à-dire sans route ou train à proximité, et qu’ils soient accessibles assez rapidement depuis un aéroport relié à Paris ou à Londres», explique d’emblée Bruno de Saint-Exupéry. L’idéal pour une résidence secondaire est d’être à 30/35 min d’un des aéroports de la région (Brive-la-Gaillarde ou Bergerac qui offrentune liaison avec le London City Airport, au cœur de la capitale britannique).

Si à Paris, le délai pour vendre un appartement familial s’est racourci, il est toujours long en zone rurale. Et le Périgord n’échappe pas à la règle.«Il faut six mois à un an pour vendre», estime Bruno de Saint-Exupéry (comprenez quand le bien est au prix du marché, sinon il ne se vend pas, impossible dans le marché actuel de surévaluer son bien). Les acquéreurs sont lucides, ils prennent en compte le coût de l’entretien des magnifiques demeures qu’ils visitent. Et on retrouve plus ou moins aujourd’hui les prix des années 2000.

Les acheteurs au budget compris entre 250.000 € et 700.000 € peuvent trouver de belles constructions en Périgord et aux alentours. Dans la bastide de Domme, une maison mitoyenne de 150 m² en plein village, en bon état, orientée sud avec un petit jardin de 210 m² et une belle vue est ainsi en vente chez Emile Garcin à 400.000 €, et elle pourrait partir pour un peu moins. A Castelnaud-la-Chapelle, en plein village, à 15 min de Sarlat, une maison en bon état avec environ 200 m² habitables, un terrain et une piscine surplombant la Dordogne est mise en vente 700.000 € environ.

Pour un budget légèrement inférieur, il est aussi possible de s’offrir une maison de charme de 340 m² (plus des dépendances) dans un environnement préservé avec 14 ha près de la vallée de la Dordogne, non loin de Saint-Cyprien en Périgord. Mais il faut alors prévoir des travaux importants, de 150 à 200.000 €, pour rénover cette maison aujourd’hui «dans son jus».

Autres exemples: au cœur du vivant village de Saint-Cyprien, c’est l’ancienne demeure du docteur, une belle maison de maître de 360 m² datant des XVIe et XVIIe siècles avec un magnifique escalier, qui cherche preneur depuis un certain temps à deux pas de l’abbatiale. Là, le prix a considérablement baissé (de 700.000 aux 425.000 € demandés aujourd’hui). Et pour le prix d’un appartement familial parisien (environ un million d’euros), des amoureux de châteaux sont en train de s’offrir un petit bijou des XVe et XVIe siècle, en nid d’aigle, et très bien restauré à 20 min de Sarlat-la-Canéda. Un peu partout, les prix sont revenus à des niveaux plus raisonnables, mais il existe encore très souvent une certaine marge de négociation. Amoureux des vieilles pierres, le Périgord vous attend!

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