Immobilier : les banques ont rouvert le robinet du crédit

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Les particuliers n'ont plus aucune difficulté à trouver des financements et peuvent emprunter à des taux très intéressants.

La pierre est un refuge pour des Français déroutés par les marchés financiers. Si l'immobilier retrouve des couleurs et s'emballe même à Paris, c'est aussi en raison de la facilité à emprunter actuellement à bon compte. Les taux des crédits restent bas et le robinet du crédit, qui s'était bloqué au plus fort de la crise, est maintenant largement rouvert aux emprunteurs «solides».

Il est ainsi possible avec un très bon dossier d'emprunter aux alentours de 3% sur 15 ans à taux fixe (le taux moyen se situant à 3,40% sur 15 ans et à 3,55% sur 20 ans selon le courtier Empruntis). Et les particuliers n'ont plus aucune difficulté à trouver des financements. «Les vannes sont ouvertes, les établissements financiers prêtent à des clients qui n'ont que 10% d'apport, voire pas d'apport du tout dans certains cas», relève Mael Bernier chez Empruntis. La concurrence entre les banques joue donc à plein pour le plus grand bonheur des emprunteurs. Emballement? Philippe Taboré, le directeur général du réseau de courtiers en crédit Cafpi n'en voit aucun. «Ceux qui achètent ont bien réfléchi à leur opération. Globalement, le marché est sain et les dossiers ne sont pas tendus», assure-t-il.

Pragmatiques, les emprunteurs n'hésitent plus à renégocier leur crédit auprès de leur banque. Et quand ils n'y parviennent pas, ils vont voir ailleurs. Les rachats de crédit vont bon train. Chez le courtier Empruntis, ils représentent 45% des demandes de crédit (contre 15% en juin 2009). «Ceux qui ont emprunté entre mi-2007 et début 2009 et ont des taux de crédit supérieurs de 1 à 2 points aux taux actuels ont intérêt à renégocier leurs crédits», estime Mael Bernier.

Les crédits relais de retour

À Paris, et sur les marchés les plus actifs, ceux que l'on appelle les secundo-accédants, c'est-à-dire les ménages qui vendent un bien pour en acheter un autre sont de retour. Ce qui est une bonne nouvelle pour le marché que ces acteurs contribuent à fluidifier. Les banques ne rechignent plus à accorder des crédits relais pour financer ces achats, et ce à des taux à peine supérieurs à ceux des crédits classiques. «Les banques sont toutefois plus prudentes qu'avant la crise et ne financent pas plus de 80% de l'opération dans ce cas», tempère Philippe Taboré.

Le marché immobilier parisien reste toutefois l'arbre qui cache la forêt. Paris n'est pas la France et les prix de la pierre ne s'envolent pas partout fort heureusement. Si les banques sont généreuses dans leurs octrois de crédit, on est encore loin d'avoir retrouvé les niveaux de 2007. «Les crédits distribués aux particuliers représentaient 175 milliards d'euros en 2007 et étaient tombés à 145 milliards en 2008 et à 110 milliards en 2009. Ils devraient être de l'ordre de 145 à 150 milliards cette année», rappelle Philippe Taboré.

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