Immobilier : le luxe se vend toujours bien

le
0
Pour les produits d'exception, ceux que s'arrachent les grandes fortunes, les prix ne fléchissent pas. Mais le reste du marché marque le pas et certains prix sont trop hauts.

Une villa sur la Côte d'Azur, un appartement à Paris, un autre à Londres ou New-York, c'est le panier immobilier de certaines grandes fortunes mondiales. Elles aiment la pierre, et pour certains acquéreurs étrangers acheter de l'immobilier dans un pays stable politiquement est rassurant. Malgré la crise, le nombre des très riches est en augmentation dans le monde et ils sont nombreux à diversifier leur patrimoine. «Nous avons des demandes à Paris pour des biens de 20 millions d'euros que nous n'arrivons pas à satisfaire. Et certains vendeurs retirent leur bien de la vente, parce qu'ils ne savent plus où placer les capitaux» relève Charles-Marie Jottras, le président de Féau. A Paris, les transactions les plus élevées sont souvent faites par des étrangers. «Plusieurs ambassades cherchent aussi de nouvelles implantations dans la capitale» relève de son côté Marc Foujols.

Ce marché de l'immobilier de prestige tourne de manière autonome alors que sur le reste du marché les prix se tassent. «Le marché des biens de plus de 15 millions de dollars dans le monde est complètement déconnecté de la crise.Ceux qui ont des liquidités veulent investir dans la pierre» indique Laurent Demeure, président de Coldwell Banker France & Monaco. A l'inverse, un cran en desous, les appartements «bourgeois» (entre 1 et 2,5 millions à Paris) se vendent moins bien tant les prétentions des vendeurs s'éloignent de ce que veulent payer les acheteurs. «Il faudrait que le marché revienne vers la barre des 10.000 euros le mètre carré pour les produits courants des bons quartiers de la capitale» estime Marc Foujols.

Une fin d'année record

En France, les ventes ont été dopées à partir de l'automne par l'annonce d'un durcissement de la fiscalité. Il faudra attendre 30 ans pour être exonéré de plus-values sur les ventes (hors résidences principales) contre 15 ans aujourd'hui. Les agences spécialisées dans le haut de gamme ont réalisé une bonne année. «Notre chiffre d'affaires a augmenté de 7% en 2011 et à Paris il est en progression de 23%» explique Nathalie Garcin (groupe Emile Garcin). Et depuis l'été, le rythme n'a pas fléchi: Garcin a signé plus de deux fois plus de promesses de vente au troisième et au quatrième trimestres qu'un an plus tôt. Chez Féau, Charles-Marie Jottras termine une nouvelle année record avec «plusieurs ventes de plus de 10 millions d'euros dans la capitale notamment grâce à une clientèle du Moyen-Orient et de Russie». Tonalité similaire chez Sotheby's international realty, où Alexander Kraft, le pdg, table sur un «quatrième trimestre record». Le réseau a par exemple vendu une villa pied dans l'eau à Dinard plus de 5 millions d'euros, un des prix les plus élevés de ce marché et une autre à Evian plus de 6 millions.

Des ventes de 40 millions d'euros

Sur la Côte d'Azur, le constat est le même. Tout en haut de l'échelle, les propriétés d'exception s'échangent à des prix astronomiques. «Nous avons vendu cet été une propriété d'exception à 40 millions d'euros à Saint-Tropez» explique Sylvain Boichut, directeur commercial de John Taylor pour la France et Monaco. «Le marché est passé dans une nouvelle gamme de prix avec quatre transactions entre 40 et 60 millions d'euros en 2011, des prix qui n'étaient jusque là atteints qu'à Saint-Jean Cap Ferrat ou au Cap d'Antibes». Dans le réseau John Taylor, en plein développement en France, en Suisse et bientôt à Londres, 2011 constitue aussi une année record avec des transactions jamais vues. Avec par exemple la vente d'un chalet de plus de 13 millions d'euros à Courchevel (il sera détruit et le nouveau propriétaire a prévu d'investir 6 millions supplémentaires pour en construire un nouveau ). Ou encore la vente d'une propriété pieds dans l'eau à Saint Jean Cap Ferrat pour 75 millions d'euros.

Pourtant, n'est pas exceptionnel qui veut. Les prix de 15 à 20.000 euros le mètre carré sont réservés aux propriétés à part avec un emplacement privilégié. Même à Saint-Tropez, les arbres ne montent pas au ciel: de nombreuses belles maisons entre 5 et 15 millions d'euros ne trouvent plus preneurs. Comme à Paris, les propriétaires trop gourmands les surévaluent et les acheteurs attendent que les prix baissent. A Cannes, certains biens en vente (entre 12 et 20 millions d'euros) seraient même surévalués de 20%. Selon une étude du groupe Xerfi sur l'immobilier de luxe en France, celui-ci représente moins de 1% du marché. Mais il a de beaux jours devant lui. «A court terme, l'avenir du secteur est suspendu à l'état de la conjoncture mais à moyen terme les voyants sont au vert» estime Xerfi.

LIRE AUSSI:

» Un appartement à 88 millions pour la fille d'un oligarque

» Un hôtel particulier à Paris pour une princesse

» Immo: les prix devraient baisser en 2012

» Immobilier- la surprenante résistance des prix parisiens

SERVICE:

» Retrouvez l'immobilier de prestige avec Explorimmo

SUIVEZ LE FIGARO IMMO SUR:

» Twitter: @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant