Immobilier : la hausse des loyers stoppée

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INFOGRAPHIE - Depuis janvier, les loyers baissent légèrement lors de l'arrivée d'un nouveau locataire car la demande est moindre. Avec la crise, les ménages diffèrent souvent leurs projets de déménagement.


La crise se fait sentir sur le marché locatif. Depuis le début de l'année, les loyers facturés aux nouveaux locataires ont légèrement reculé de 0,1% en moyenne, selon l'Observatoire Clameur. Ils avaient augmenté de 1,6% en 2011, soit moins que l'inflation (+ 2,1%) et moins qu'en 2010 (+ 2,5%). Dans certaines agglomérations, la baisse est nettement plus marquée, comme à Rueil-Malmaison (- 5,3%), Rennes (- 3,9%), La Rochelle (- 4,9%) ou encore Bordeaux (- 2,6%). «Et cette tendance devrait perdurer tout au long de l'année», prédit Michel Mouillart, professeur d'économie et auteur de l'étude.

Car, comme cela s'est déjà produit en 2009, les ménages, moins confiants dans l'avenir, diffèrent leurs projets de déménagement pour louer un bien plus grand ou devenir propriétaires. Cette frilosité apparue en septembre dernier s'amplifie. Depuis janvier, seuls 26,1% des locataires ont ainsi changé de logement, contre 27,5% en 2011 ou encore 30% en 2004. Du coup, les biens vides restent plus longtemps sur le marché. Les délais moyens pour retrouver un locataire ont recommencé à s'allonger. Encore plus que les années précédentes, les bailleurs qui souhaitent relouer leur bien rapidement et plus cher doivent réaliser des travaux d'entretien et d'amélioration avant de le remettre sur le marché. Cela est payant: les loyers des biens reloués après travaux importants augmentent de 9,1% (hausse de 1,5 % après des travaux courants). Mais ils chutent de 7,1%, lorsque le logement est loué en l'état.

Baisses dans la majorité des grandes villes

Désormais, le loyer moyen s'établit à 12,40 euros par mètre carré hors charges (charges qui ont beaucoup monté ces dernières années), contre 12,50 euros le m² en 2011. Mais cette moyenne varie beaucoup selon la surface et les villes. Les loyers des logements de petite surface sont ceux qui baissent le plus (- 1,5% pour les studios et une pièce). A contrario, ceux des grands appartements, plus rares sur le marché, continuent à grimper (hausse de 1,7% pour les 4 pièces et de 3,8% des 5 pièces). Plus que jamais, on constate également de fortes disparités régionales. Les loyers dits de marché baissent en effet dans 52,5% des villes de plus de 60.000 habitants, dont Paris (contre 31,3% en 2011 et 50,6% en 2009). Mais ils s'apprécient toujours dans le reste (47,5%) de ces grandes agglomérations. C'est par exemple le cas à Niort (+ 9%), Versailles (+ 6,6%), Lille (+ 2,7%) ou encore Clermont-Ferrand (+ 4,2%). D'une grande ville à l'autre, les écarts de prix pour se loger restent spectaculaires: Neuilly-sur-Seine détient ainsi la palme du loyer le plus élevé (23 euros/m²) et Saint-Étienne celle du loyer le plus bas (8 euros/m²).

Le ralentissement des loyers observé par Clameur contredit la hausse inexorable de l'indice de référence des loyers (IRL), qui sert de référence à la révision des loyers des locataires déjà en place et qui a augmenté de 2,11% au quatrième trimestre 2011. Mais cet indice, calé sur l'inflation, n'est «pas obligatoire», rappelle le président de Clameur, Serge Ivars. Craignant de perdre un bon locataire, des bailleurs renonceraient d'ailleurs à augmenter le loyer en cours de bail.

VOS TÉMOIGNAGES - Locataires, ressentez vous la baisse des loyers? Quel impact a-t-elle pour vous? Changez-vous de logement facilement? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires ci-dessous ou par email à temoin@lefigaro.fr.

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