Immobilier : la Défense à la peine

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Depuis début 2012, les locations de bureau ont reculé de 32% dans le quartier d'affaires. La Défense espère se relancer avec les nouvelles tours à venir: Carpe Diem au premier trimestre 2013, Majunga et D2 en 2014.

Mi-novembre, les 800 collaborateurs du cabinet de conseil en technologie, BearingPoint ont emménagé dans l'immeuble Galilée à la Défense. Un nouveau locataire dans le quartier d'affaires? Pas du tout. Auparavant, le groupe était logé à quelques dizaines de mètres de là, dans la tour EDF. C'est que la dalle a beaucoup de mal à attirer de nouvelles entreprises. Selon Jones Lang LaSalle, entre janvier et septembre, la location de bureaux y a reculé de 32%, à 61.000 m2. Une décrue beaucoup plus marquée que l'ensemble du marché de l'Ile-de-France (-19%).

Les raisons de ces difficultés sont multiples. «D'abord, les transports sont saturés (ligne 1 et RER A) et l'accès en voiture est devenu très problématique», souligne Caroline Dheilly, directrice immobilier chez Aforge. Avec cela, pour les très grands groupes, la mode est aux campus considérés comme plus conviviaux que les tours. Ainsi, SFR va quitter la Défense pour installer son QG à Saint-Denis dans quelques petits bâtiments. Et Thales vient de déménager sur un campus à Gennevilliers.

Nouvelle offre de tours rénovées

«Surtout, il y a une offre de bureaux alternative qui s'est développée dans des communes autour de Paris (Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis, Levallois, Châtillon, Montrouge)», analyse Gilles Betthaeuser, PDG du cabinet AOS Studley, qui aide les entreprises en recherche de locaux. Ces nouveaux quartiers font une rude concurrence à la Défense car leurs bureaux coûtent moins cher à la location. Un argument économique très apprécié en période de crise. «Aujourd'hui, plus de 60% des transactions se font en dessous de 400 ¤ le m2 alors que la Défense a des prix de 450-470 ¤ pour les immeubles rénovés et plus de 550 ¤ pour le neuf», souligne Thierry Laroue-Pont, membre du directoire de BNP Paribas Real Estate.

En fait, pour remonter la pente, la Défense compte sur ses tours neuves: la tour Carpe Diem (42.000 m2) livrée au premier trimestre 2013, la tour Majunga (58.000 m2) annoncée au premier trimestre 2014 et la tour D2 qui sera terminée au troisième trimestre 2014. Sans compter les tours rénovées (Eqho, Egée...). Ces IGH (immeubles de grande hauteur) offriront notamment des performances environnementales au-dessus du lot. Reste à savoir si les entreprises accepteront de payer le prix demandé (590 ¤ à Carpe Diem). Livrée à l'automne 2011, la tour First, flambant neuve, a encore 25% de ses surfaces à louer.

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  • Desaby le jeudi 6 déc 2012 à 16:00

    Vous n'avez pas compris : Les loyers sont chères, et c'est la crise: du coup la Defense attire pas/moins d'entreprise.Mais avec des tour au loyer encore plus chère, la crise va se résorber.

  • NYORKER le mardi 4 déc 2012 à 19:19

    C'est ce qu'on cru les espagnols avec l'immobilier, plus on construit et plus les prix grimpent !!! ils avaient simplement oublié le client ! maintenant ça ne vaut à peine le tiers du prix et malgré cela, ça ne part pas. Enfin vous faites comme vous voulez à la Défense si vous préférez garder vos locaux vides...

  • lyvan le mardi 4 déc 2012 à 13:50

    Belle analyse du Figaro : La défense va revaloriser ses loyers de bureaux car elle a construit plus de bureaux. C'est carrément une remise en cause de la loi de l'offre et de la demande. Encore bravo pour tant d'intelligence !