Immobilier de luxe : les acheteurs ont délaissé Paris en 2013

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Effrayés par la fiscalité, ils ont préféré d'autres grandes métropoles comme New York, Londres ou encore Sydney. L'année 2014 s'annonce sous de meilleurs auspices.

Paris à la traîne. Alors que l'année 2013 a été faste pour l'immobilier de luxe dans les grandes métropoles, la capitale française a subi un véritable décrochage. Selon la dernière étude réalisée par le réseau international Daniel Féau - Christie's International Real Estate, le nombre de ventes de biens évalués à plus d'un million de dollars - norme international pour définir un bien de luxe - ont explosé à San Francisco (+62 %), Los Angeles (+40 %), Sydney (+29 %), New York (+22 %), ou encore Londres (+20 %). A Paris en revanche, les transactions ont baissé de 7,5 %... tandis que les prix des maisons et des appartements chutaient. «Quand les prix des biens immobiliers plus standard (ceux vendus environ 400.000 euros) baissaient de 2,5 %, les biens haut de gamme ont accusé un recul de 10 % voire parfois plus», explique Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau. «Au dessus de 280 mètres carrés, la baisse atteint parfois 25 %. Un bien que l'on aurait vendu 5,3 millions d'euros il y a trois ans ne se vend plus que 3,6 millions d'euros aujourd'hui», confirme son concurrent Richard Tzipine, directeur général du réseau Barnes.

Au mois de janvier dernier, Barnes avait d'ailleurs publié une étude constatant également ce marasme parisien. Et pour les deux spécialistes du marché, le diagnostic est clair: l'immobilier de luxe est la victime d'une politique fiscale agressive. «Depuis le choc fiscal intervenu il y a deux ans, les acheteurs sont partis. La taxe à 75 % a donné l'image d'un enfer fiscal. Même les étrangers qui n'étaient pas la cible de cette taxation ont eu peur», affirme Charles-Marie Jottras. «Les conseillers patrimoniaux ont orienté les acquéreurs vers les villes anglo-saxonnes plus libérales comme Londres et New-York. Quant à ceux qui souhaitaient tout de même acheter, la loi Alur les a découragés. En alourdissant les formalités la loi a encombré les études notariales et a donné aux acheteurs le temps de changer d'avis», déplore Richard Tzipine. Quant aux Français aisés, ils préfèrent aujourd'hui faire profil bas en évitant d'acheter des biens chers et rester invisible fiscalement. Du moins pour ceux qui sont restés.

Selon les deux réseaux, les gens fortunés sont très nombreux a avoir décidé de partir. Leurs maisons et appartements sont ainsi venus gonfler les stocks sur un marché habituellement de pénurie. D'où la forte pression sur les prix. Au final, Paris si souvent décriée pour ses tarifs exorbitants devient presque bon marché face à Londres (36.527 euros moyen par mètre carré), New York (21.216 euros/m2) ou Hong Kong (20.108 euros/m2). Cette baisse des prix permet cependant au marché de retrouver depuis quelques mois un réel dynamisme. Sur le seul mois de mars, Charles-Marie Jottras revendique un bond de 106 % des transactions. Et avril s'annonce dans la même veine. «Les étrangers se sont rendu compte qu'ils n'étaient pas la cible des mesures fiscales et reviennent», affirme-t-il. «Les acheteurs français qui attendaient que les prix baissent encore commencent à s'apercevoir que la stabilisation est là, et les taux d'intérêt attractifs», confirme son homologue chez Barnes. «Paris n'a pas les mêmes atouts que la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, on n'y est pas fiscalement bien traité, on n'y parle pas l'anglais, les écoles sont moins réputés, mais elle reste pour beaucoup la plus belle ville du monde», résume Charles-Marie Jottras. Et donc une valeur sûre.

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  • M1168313 le mercredi 30 avr 2014 à 17:46

    pendant ce temps l'état recrute des fonctionnaires pour contrôler que mon loyer ne varie pas plus de x% par rapport à un loyer médian... le marché est bloqué, les frais de notaire ne rentrent plus, les ouvriers ou employés du bâtiment perdent leur job, mais on a créé des jobs pour les fonctionnaires qu'il faut payer avec mes impôts. merci hollande, merci duflot

  • lorant21 le mercredi 30 avr 2014 à 16:33

    Moins de ventes, moins de recettes pour les villes, plus d'impots pour les habitants. Ah ben zut, ce n'est pas ce qu'on voulait...

  • alainble le mercredi 30 avr 2014 à 13:57

    "la plus belle ville du monde" , je rigole !!! il faut arrêter de répéter ce qui n'est plus vrai !!

  • gglafont le mercredi 30 avr 2014 à 13:15

    M9385839 si les acheteurs étrangers "dégagent" il y aura encore moins de ventes et moins de rentrées fiscales, moins de travaux, moins d'emplois que tu devras compenser avec tes impôts et tes charges à moins que tu n'en paie pas à moins que tu sois déjà à la charge de ceux qui travaillent.

  • stelina le mercredi 30 avr 2014 à 12:37

    36 257 € a Londres !!! meme si Londres est extrement cher , c`est vraiement du grand n`importe quoi cette etude , un 100 M2 coutterait donc 3 625 700 euros ?

  • M1168313 le mercredi 30 avr 2014 à 12:34

    Hidalgo veut 30% de logements sociaux. Les riches quant eux partent vitesse grand V. Paris ressemble à la France, tirée vers le bas, uniquement des pauvres. Le projet socialiste se matérialise jour après jour. Avec tout ça les impôts ne rentrent plus, et la gauche de la gauche s'étonne qu'on ne puisse pas augmenter les fonctionnaires et prestations sociales !

  • M9385839 le mardi 29 avr 2014 à 21:25

    qu ils dégagent...Paris n est pas a vendre surtout pour speculer