Immobilier de bureau : la France retrouve des couleurs

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Après une crise terrible, l'immobilier de bureau repart de l'avant. Avec des ventes qui vont grimper cette année et des locations également bien orientées. Mais le secteur n'a toujours pas retrouvé le niveau qui était le sien en 2007.

Altarea Cogedim l'a annoncé la semaine dernière. Le promoteur immobilier vient de créer un fonds consacré à l'immobilier de bureau. Initialement, il sera doté d'un capital de 350 millions d'euros. À moyen terme, il devrait atteindre les 500 millions. «Avec l'effet de levier, nous disposerons de 1 milliard, explique Alain Taravella, président d'Altarea Cogedim. Cela nous permettra de réaliser une dizaine d'opérations.»

Un signe que le marché des bureaux redémarre ? En tout cas, on observe un léger redressement. L'année dernière, les opérations d'achat-vente dans cette classe d'actifs se sont montées à près de 12 milliards, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2009. Cette année, les experts tablent sur un volume d'investissements compris entre 12 et 13 milliards, selon CBRE, ou à 15 milliards pour ­Cushman & Wakefield, voire à 16 milliards selon DTZ.

L'explication de ce redémarrage, CBRE la donne dans une étude récente : «Face à un environnement bousculé et incertain, l'immobilier, actif réel et tangible, apparaît de nouveau comme un placement protecteur sur le long terme.» Du coup, les performances envisagées en 2011 restent très loin des 30 milliards atteints en 2007, l'année record. C'est que les investisseurs ne prennent pas beaucoup de risques. «En 2010, ils ont privilégié les produits “core”, c'est-à-dire des immeubles bien situés et déjà loués pour une longue durée», estime Olivier Gérard, président de Cushman & Wakefield France.

Ainsi, l'assureur Allianz a acheté à la société foncière la Lucette le Colisée, pour 163 millions d'euros. Un immeuble de 25 000 m2 situé à la Défense et entièrement loué. De même, Invesco a acquis auprès de Klépierre un immeuble rue Marbeuf, près des Champs-Élysées à Paris. Une transaction de 135 millions pour un bien de 12 000 m2, également entièrement loué.

Sur ce type de biens où l'offre est plus faible que la demande, la bagarre fait rage. «Pour un immeuble situé à Paris dans le quartier central des affaires et estimé à 130 millions, nous avons reçu cinq offres», illustre Stephan von Barczy, directeur du département investissement Jones Lang LaSalle France.

Beaucoup d'évolutions également en matière de location. Après une année 2010 assez satisfaisante (2,1 millions de m2 en Ile-de-France), le cru 2011 devrait être légèrement meilleur, compris entre 2,1 et 2,3 millions de m2.

 

Paris reste le plus cher 

 

Paris QCA (quartier central des affaires), qui avait connu un trou d'air l'année dernière, voit sa cote redécoller. « Les loyers prime qui avoisinaient les 700-750 euros/m2 devraient repasser la barre des 800 euros», affirme Jacques Bagge, directeur du département location chez Jones Lang LaSalle. En forme aussi, Boulogne-Billancourt (autour de 500 euros/m2) et Issy-les-Moulineaux (entre 400 et 520 euros). À Boulogne, par exemple, Carrefour s'est installé sur 9 500 m2 dans le quartier du Trapèze. Comme Michelin sur 7 000 m2. À Issy-les-Moulineaux, on a relevé l'arrivée de Morpho-Safran sur 7 500 m2 ou de Bull sur 3 000 m2.

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