Immobilier : crise et élections font pression sur le crédit

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L'Observatoire crédit logement CSA fait état d'un recul du volume de prêts immobiliers accordés le mois dernier. Retrait de la demande, banques plus réticentes? Les courtiers en crédit livrent leur analyse du marché en cette année électorale.

L'Observatoire du crédit logement a publié son tableau de bord pour le mois de janvier. Les statistiques font état d'un début d'année difficile avec un recul prononcé des prêts accordés aux particuliers. Sur un an, ils se sont ainsi contractés de 25,7 %. Une baisse plus prononcée que les années précédentes constatée par tous les courtiers en crédit. La tendance n'est cependant pas à l'inquiétude. En cette année électorale, toujours synonyme d'attentisme pour les acquéreurs, le mot d'ordre est de relativiser au moins jusqu'au mois de juin.

La baisse de la demande

«Cette baisse du volume de crédit est d'abord liée à une contraction de la demande», explique Philippe Taboret, directeur général du courtier Cafpi. La morosité économique, le taux de chômage élevé rend en effet les Français frileux. Le phénomène est accentué cette année par la perspective des élections présidentielles et des aides à l'accession que le futur gouvernement pourrait mettre en place. Ceux qui n'ont pas pu profiter de l'investissement Scellier avant la réduction de l'avantage, ou du prêt à taux zéro (PTZ +) dans l'ancien avant sa disparition le 1er janvier dernier, préfèrent donc différer leur projet d'achat en espérant un autre coup de pouce fiscal. Mais surtout, le début de l'année 2012 a vu disparaître toute une catégorie d'acheteurs: les primo accédants. «Le cantonnement du PTZ + aux logements neufs a été une véritable gifle, affirme Philippe Taboret, l'aide permettait en moyenne aux acheteurs d'obtenir 25.000 euros». Chez Empruntis.com, Maël Bernier confirme que 80 % des dossiers de demande de crédit traités en 2011 ont profité du PTZ + et que la modification des conditions d'accès handicape fortement les Français qui souhaitent acquérir leur premier logement. «Sans prêt à taux zéro, le crédit coûte environ 10.000 plus cher à l'emprunteur», note Sandrine Allonier, directrice des études économiques chez Meilleurstaux.com.

Des banques plus exigeantes

D'autant plus que les établissements bancaires sont aussi moins généreux pour la plupart des courtiers. «Certaines banques ont mis en place une politique très stricte. Elles sont beaucoup plus exigeantes sur le contenu des dossiers que nous leur transmettons. Il faut démontrer que l'emprunteur est stable professionnellement, que ses perspectives d'évolution sont bonnes, qu'il continuera à épargner malgré le remboursement du crédit», précise Jérôme Robin, président de Vousfinancer.com. «Les banques appliquent scrupuleusement la règle des 33 % d'endettement maximum, même pour leurs clients aisés car elles anticipent le risque de licenciement. L'apport des ménages doit aussi couvrir les frais de notaires, voire 10 % de l'achat», poursuit Maël Bernier. Sandrine Allonier, ajoute que la situation financière de l'entreprise qui emploie l'emprunteur est désormais prise en compte pour accorder le crédit. Elle souligne cependant que tous les établissements n'ont pas cette politique restrictive. Certains réseaux bancaires sont même très offensifs comme la Banque postale, la BNP ou encore LCL, le crédit immobilier restant le meilleur moyen pour recruter de nouveaux clients. Même constat chez Cafpi qui assure que les conditions peuvent être très différentes d'une région à l'autre.

Des taux stables... pour le moment

Quant au niveau des taux, après un léger rebond en fin d'année 2011 et début 2012, ils restent très favorables aux acquéreurs. «Globalement, les taux sont très stables, et cela devrait se poursuivre encore un peu»,affirme Philippe Taboret. Sandrine Allonier anticipe même un léger recul au mois de mars car les marchés semblent faire confiance à la France. «Comme nous l'avions annoncé, il n'y a pas eu d'effet lié à la perte du AAA», explique-t-elle. La tendance pourrait cependant s'inverser. Sandrine Allonier estime que les exigences de Bâle III pousseront probablement les taux à la hausse. «Pour renforcer leurs fonds propres, les banques vont devoir encourager l'épargne à long terme en la rémunérant davantage ce qui va leur coûter plus cher. En contrepartie, elles risquent donc de proposer des taux de crédit plus élevés», explique-t-elle. D'autres anticipent les conséquences de la prochaine échéance électorale. «La France pourrait payer l'attentisme qui précède la présidentielle. Si les réformes ne se poursuivent pas avant les élections, les menaces sur la note souveraine pourrait s'accentuer, et les taux remonter de 0,5 point, voire 1 point», prévient Philippe Taboret. Une analyse partagée par Maël Bernier pour qui le programme politique du candidat élu pourrait bien être déterminant pour le marché.

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