Immobilier : comment fonctionnent les ventes aux enchères

le
0

Les notaires organisent chaque année une centaine de ventes de biens immobiliers. D'où viennent les biens immobiliers ? Comment ça marche ? Lefigaro.fr explique.

o D'où proviennent les biens?

Les ventes sont alimentées par plusieurs canaux, et le service des Domaines est le plus gros pourvoyeur. Lors des ventes aux enchères sont donc proposés des maisons, appartements, châteaux ou même parkings que l'État souhaite céde par exempler, ou qui proviennent de successions en déshérence, ou encore qui sont au c½ur d'un conflit entre plusieurs personnes (divorce, indivisions problématiques...). Les syndics de copropriété apportent également les biens dont les propriétaires ne parviennent plus à régler les charges. Ces ventes ne sont pas judiciaires -ce sont des d'adjudications volontaires- et elles n'ont de même aucun lien avec l'activité de négociation immobilière assurée par certaines études notariales.

o A qui s'adresse les ventes?

À tout le monde, à condition d'avoir les reins solides financièrement. Contrairement aux ventes immobilières traditionnelles, le fait de ne pas obtenir de crédit bancaire pour financer l'acquisition n'est pas une condition suspensive de la vente. Il faut donc impérativement disposer de l'argent nécessaire à l'acquisition. «Avant même d'accéder à la vente, les participants doivent déposer un chèque de banque. Le montant varie en fonction du type de vente: 20% si la vente se fait à la bougie, 10% si elle a lieu au chronomètre», précise Vincent Chauveau, notaire. Par exemple pour un bien proposé «à la bougie» au prix de 60.000 euros, les enchérisseurs doivent tous déposer un chèque de caution de 12.000 euros. Un montant suffisamment élevé pour garantir aux notaires que la question du financement de l'acquisition a déjà été abordée avec le banquier et que leurs enchères seront sérieuses. Enfin, si la vente se fait à la bougie l'acquéreur dispose ensuite de 45 jours pour verser l'intégralité du prix de ventes et de 60 jours pour une vente au chronomètre. Au-delà, des pénalités devront être versées.

o Est-ce une bonne affaire?

Vincent Chauveau est catégorique: la plupart des biens se vendent en dessous du prix du marché. «Dans les adjudications volontaires, la plus grande victime est le vendeur car généralement, il souhaite vendre absolument», assure-t-il. Il est néanmoins conseillé de bien se renseigner sur l'État du marché avant de surenchérir. «Ces ventes attirent généralement beaucoup de professionnels de l'immobilier, notamment des agences. La petite astuce consiste à les repérer et à surenchérir immédiatement après leur dernière enchère. Généralement c'est que l'on se situe encore en dessous du prix du marché, dans la zone de marge que les agents souhaitent se réserver lors de la revente du bie», conseille le notaire. Enfin, il faut savoir que ce type de vente engendre des frais - droit de mutation et honoraires du notaire- plus élevés qu'une vente classique. Au delà de 60.000 euros, il faut verser 1,65% du prix et 822 euros au notaire, au lieu de 0,825 % du prix et 411 euros.

oComment s'informer?

Ce vendredi s'achève la huitième Semaine nationale des ventes aux enchères notariales, une opération qui vise à faire connaître le concept. Des ventes aux enchères sont cependant organisées régulièrement au cours de l'année, en fonction de l'approvisionnement en biens, ce qui les rend mécaniquement plus fréquentes en région parisienne. L'organisation des ventes, et des visites, est annoncée dans la presse locale et nationale ainsi que sur les sites de petites annonces immobilières. Des affiches sont également déposées sur le bien concerné. Enfin, toutes les informations sont aussi accessibles en ligne sur le site internet des notaires Immobilier.notaires.fr. L'année dernière, 98 séances de ventes ont été organisées au cours desquelles 214 lots ont été présentés. Selon les chiffres du Conseil supérieur du notariat, 122 lots ont finalement adjugés pour un montant de 32,7 millions d'euros. Au cours des cinq premiers mois de l'année 2014, 39 séances ont eu lieu pour disperser 68 lots dont 48 ont trouvé acquéreurs. Le montant des ventes a atteint à la fin mai 6,2 millions d'euros. À l'occasion de la semaine nationale, 80 biens ont été proposés à Paris et en région.

À la bougie ou au chronomètre

o La vente à la bougie: il s'agit de la formule la plus courante. Le notaire allume successivement trois petites bougies dont la durée de vie oscille entre 15 et 30 secondes. Le bien est adjugé à la meilleure offre au moment où la dernière mèche s'éteint.

o Au chronomètre: le bien est attribué à la personne qui a fait l'offre la plus élevée sans que personne ne vienne surenchérir pendant 90 secondes.

Attention, la vente n'est définitive qu'au terme d'un délai de 10 jours durant lesquels d'autres enchères peuvent intervenir. Les nouvelles offres doivent être supérieures de 10 % au prix d'adjudication final pour casser la vente.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant