Iliad: que penser de la campagne d'Italie de Xavier Niel ?

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(CercleFinance.com) - Pas de doute : l'Italie intéresse Xavier Niel, principal actionnaire de l'opérateur télécoms français Iliad, dont Free est la marque emblématique. Fin 2015, M. Niel s'était - à titre personnel - mis dans la roue de Vivendi, qui est devenu le premier actionnaire de Telecom Italia. Puis il a changé d'avis : fini, son intérêt pour Telecom Italia. Son groupe, Iliad, entend maintenant devenir le quatrième opérateur mobile d'Italie.

Hier soir, Iliad a en effet annoncé la signature d'un accord avec Hutchison et VimpelCom, détenteurs des opérateurs mobiles italiens H3G et Wind qu'ils souhaitent fusionner. Or la Commission européenne a bien fait comprendre qu'elle ne voulait pas du retour de 4 à 3 opérateurs dans quelque pays que ce soit. Les deux groupes devront donc rétrocéder des actifs à un tiers : Iliad/Free, qui grâce à un portefeuille d'actifs (fréquences, sites, plus des accords d'itinérance et de partage de réseau), peut devenir le 4e opérateur mobile d'Italie. Le montant : 450 millions d'euros.

Xavier Niel, qui détenait personnellement un jeu d'options d'échéance différentes lui permettant, à terme, de prendre un peu plus de 15% du capital de Telecom Italia (ce qui vaut potentiellement 1,8 milliard d'euros), en a tiré les conséquences. Il a déjà pratiquement liquidé cette participation potentielle, et le reste sera soldé sous peu.

Qu'en pensent les analystes ? Pour Crédit Suisse, il ne fait pas de doute qu'Iliad sera un opérateur crédible en Italie, comme il l'a été sur son marché domestique hexagonal. “L'Italie est un marché où le taux de désabonnement est élevé alors que la concurrence des opérateurs mobiles virtuels (MVNO) est faible à ce jour', analyse Credit Suisse, ce qui en fait un marché plutôt attractif pour un nouvel entrant. Surtout pour un spécialiste des prix bas. En outre, le groupe n'a pas payé très cher son ticket d'entrée, selon les spécialistes.

Mais attention : l'Italie de 2016 n'est pas la France de 2012. 'Les tarifs mobiles sont nettement plus bas que lorsque Free est entré sur le marché mobile français', en 2012, avertit Credit Suisse. En Italie, le revenu mensuel moyen par client (et par carte SIM active ; le fameux ARPU) est de l'ordre de 17 euros, calcule Credit Suisse, qui souligne aussi l'incertitude quant à l'accès aux réseaux de distribution.

En outre, estiment les spécialistes, le succès de la “campagne d'Italie” d'Iliad dépendra des termes des accords de partage de réseau et d'itinérance que le groupe pourra nouer avec les autres opérateurs.

Hypothèque supplémentaire qui pourrait peser sur Iliad, de l'autre côté des Alpes : Free doit toujours développer son réseau 4G en France, où la concurrence de la fibre optique (dominée par Orange) pourrait faire du tort à l'ADSL. Bref, les incertitudes restent nombreuses sur le dossier Iliad. Et le conseil neutre de Credit Suisse sur l'action reste de mise, ainsi que l'objectif de cours de 190 euros.

Chez Natixis en revanche, l'optimisme est de mise. Pour les analystes, il s'agit d''une occasion unique pour Iliad d'entrer dans un nouveau marché où il pourra essayer de reproduire son business model français, à savoir des tarifs bas, et simples, pour attirer les clients.' A l'achat sur Iliad, Natixis vise une cible de 240 euros.

Bien évidemment, le marché italien est différent : Natixis estime de son côté que l'ARPU des quatre opérateurs mobiles italiens varie entre 11 et 14 euros par mois, 'soit un montant très proche de celui d'Iliad en France (13,5 euros), ce qui lui laisse beaucoup moins d'espace économique pour réduire les prix”, reconnaît une note.

Encore faut-il, évidemment, que la Commission européenne valide les accords Hutchison/Vimplecom/Iliad. Ce à quoi les analystes attribuent pour l'heure une probabilité de 50%. A suivre.

EG


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