Il y a 85 ans... une réplique du temple d'Angkor s'installait à Paris

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RÉTRO IMMO - Dans le cadre de l’Exposition coloniale de 1931, le bois de Vincennes accueille une immense réplique du temple cambodgien d’Angkor Vat. Description d’époque dans Le Figaro.

Reflet de la puissance coloniale française, l’Exposition coloniale internationale s’est tenue à Paris du 6 mai au 15 novembre 1931. Entre la Porte dorée et le bois de Vincennes, des pavillons implantés sur 110 hectares recevront la visite de 8 millions de curieux, venus accomplir «le tour du monde en un jour» comme le vantait le slogan de l’époque.

Parmi les constructions, l’évocation du temple d’Angkor Vat (situé dans le protectorat du Cambodge, à l’époque) est incontestablement la plus impressionnante avec sa base carrée de 70 mètres de côté et ses quatre tours de 45 mètres de haut aux angles, sans oublier la coupole centrale de 55 mètres de haut. «C’est le grand palais qui de tous côtés domine, c’est sur lui que toutes les autres constructions ont été réglées, ce sont ses lignes de faîte qui prennent ainsi possession de notre ciel, décrit Le Figaro dans son édition du 20 juillet 1931. C’est donc lui que nous avons à considérer, pour en voir peu à peu le merveilleux détail se fixer dans notre esprit. Ces grands murs, ces grosses tours quadrangulaires, aux créneaux en dents de scie, ces énormes pans obliques, dont le profil souligne, pour ainsi dire, la verticalité du reste. Et à l’arrière-plan, ce prodigieux donjon que, par une légitime coquetterie d’artiste qui ose, les architectes ont su placer assez loin d’Angkor-Vat pour n’être pas écrasés assez près toutefois pour se faire un mérite du divin voisinage.»

Les miracles du génie grec

Emporté par son enthousiasme, le journaliste Eugène Marsan précise: «Angkor Vat étonna les premiers visiteurs de l’Exposition par un surcroît de beauté imprévue. Ils en avaient pressenti le charme fantastique, non pas l’eurythmie. Ils en avaient imaginé la grâce et la puissance. Ils ignoraient qu’il dût être pareillement un chef-d’œuvre de la raison, apparenté en secret aux miracles du génie grec.»

Mais si Angkor remporte tous les suffrages, d’autres constructions séduisent également. «Les grandes masses monumentales de l’A.O.F. (Afrique occidentale française) surprirent absolument. Là, nous n’attendions rien, sinon quelque ingénieuse disposition, dans tous les cas, et qui, d’ailleurs, pouvait suffire. Rien de grand, veux-je dire, rien de réellement beau. Il fallut donc se récrier, quand parut à nos yeux l’ensemble de MM. Olivier et Lambert la haute ville rouge-feu, dans son incroyable majesté primitive.»

Si quelques monuments issus de cette exposition ont été conservés (le musée des colonies devenu musée des arts d’Afrique et d’Océanie avant de se transformer en Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le pavillon du Cameroun et du Togo devenu temple bouddhique) ou déplacés, la plupart ont dû être démoli, comme le temple d’Angkor (démonté dès 1932).

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