Il y a 84 ans... Rockefeller installait une Maison française dans ses tours

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RÉTRO IMMO - Le milliardaire qui possède plusieurs tours à son nom dans Manhattan veut œuvrer pour le rapprochement des peuples. En 1932, il y a installé des maisons consacrées aux différents pays européens.

Il était milliardaire et son nom s’affichait sur ses gratte-ciel parmi les plus hauts de New York. Mais en 1932, contrairement à d’autres, John D. Rockefeller Jr rêvait de rapprocher les peuples plutôt que de construire des murs et se replier sur la seule Amérique. Comme le rapporte le Figaro dans son édition du 20 octobre 1932 ,le magnat américain propose la création «d’une Maison Française, celle-ci faisant partie du Rockefeller Center, ensemble grandiose d’édifices qui doivent être situés au centre de la ville» (l’ensemble de 19 bâtiments ne sera totalement achevé qu’en 1939, NdlR).

«L’idée de M. John D. Rockefeller junior, dont les sympathies pour notre pays se sont affirmées tant de fois, c’est, au premier chef, de faire de cet ensemble un centre de rapprochement international, fondé, non pas tant sur des idéologies que sur les réalités propres à chaque nation leurs arts, leurs industries, etc. puisque des Maisons de Grande-Bretagne, d’Allemagne et d’Italie y trouveront également place», explique le quotidien.

Le terrain le plus cher au monde

Concrètement, souligne Le Figaro: «le Rockefeller Center s’est engagé à affecter à la France, comme il l’a déjà fait pour la Grande-Bretagne, une maison magnifique, immeuble de sept étages placé à l’entrée même du Rockefeller Center dans la cinquième avenue, «rue de la Paix» américaine, à quelques pas du quartier luxueux de New York». Pas question pour autant de créer une fondation franco-américaine ou de céder les lieux: «Dans cet endroit, où le terrain est le plus cher du monde tous les frais d’édification et d’aménagement sont supportés par M. Rockefeller. La société de la Maison Française à New York sera simplement locataire de cet immeuble, à des conditions normales, avec des réductions considérables, et de grandes facilités durant les deux premières années.»

Le site fait visiblement rêver l’auteur de l’article, Henri Charliat. «L’avenue d’accès, entre la Maison Française et la Maison Britannique, conduira directement à un parc de 4.000 mètres carrés dont le terrain seul a valu 17 millions de dollars avec des miroirs d’eau, des fontaines, des cascades, des arbres, des plates-bandes, des pelouses, des allées pavées de carreaux polychromes, des statues, écrit-il. En outre, toutes les terrasses étagées qui forment la toiture des buildings ou des gratte-ciel il y en a trois hectares seront elles-mêmes des jardins suspendus, avec une épaisseur de terre de 2 m. 50, de manière qu’une végétation naturelle puisse y pousser librement. En survolant d’un avion le Rockefeller Center, on aura moins l’impression d’une Babel de pierre que d’un épanouissement de verdure.» Sans oublier le sous-sol «auquel on accédera des diverses rues par des rampes douces et qui pourra servir de garage à 10.000 voitures automobiles».

Et côté mission de cette Maison française, il était prévu à l’époque qu’elle comprenne «des installations pour la propagande française en Amérique, notamment une salle de cinéma, une salle de conférences et de concerts, ainsi que des locaux pour une exposition permanente de produits français». Jusqu’en septembre 2009, les lieux ont continué à accueillir La Librairie de France avant de fermer face à l’explosion des loyers.

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