Il y a 80 ans... Paris prenait un visage futuriste pour l'Expo universelle

le
0

RÉTRO IMMO - À deux ans du début de la guerre, Paris accueillait l’Exposition universelle de’37. Le Figaro décrit avec enthousiasme son inauguration en mai ainsi que le face-à-face des pavillons de la Russie soviétique et de l’Allemagne nazie.

Les ouvriers ont dû se hâter jusqu’à la toute dernière minute pour que le président de la République, Albert Lebrun, puisse inaugurer dans de bonnes conditions l’Exposition universelle de’37. Dans son édition du 25 mai, Le Figaro détaille cette visite officielle. Le quotidien s’attarde notamment sur le site du Trocadéro et du Palais de Tokyo, avec ses constructions destinées à perdurer au-delà de la manifestation.

«L’état particulièrement flatteur du Trocadéro, son aspect architectural nouveau, la perspective de ses jardins avant-hier encore en ébauche prouvaient de quelles miraculeuses réussites l’ouvrier est capable, dans un temps record, quand il ne cède pas aux meneurs», écrit Le Figaro, en référence aux grèves de’36 qui avaient grandement ralenti les chantiers. «Il semble qu’un magicien ait touché de sa baguette le sol raviné qui moutonnait, il y a deux jours, au pied de la colline de Chaillot, pour en faire sortir les parterres, les bassins, les sources, souligne encore le quotidien. Les jets d’eau chantent, chargés de paillettes, entre leurs rideaux de petits arbustes en quinconce.»

Arts et techniques appliquées à la vie moderne

Cette exposition internationale consacrée aux «Arts et techniques appliquées à la vie moderne» tente de mettre en avant une image avant-gardiste de la France. C’est ainsi que la décoration du palais des chemins de fer et du palais de l’air est confié aux artistes Robert et Sonia Delaunay. Quant au Palais du Trocadéro, hérité de l’exposition universelle de 1878 avec son style néo-byzantin, il est rasé pour laisser la place au palais de Chaillot. Et non loin de là, le Palais de Tokyo, une autre construction «définitive» a pour mission de mettre en valeur l’art moderne.

Autre signe d’innovation: une partie de la visite officielle se fera en bateau, en vedette plus précisément. «Des vedettes fort confortables, d ailleurs, modernes d’aspect sous leur tente orange que perce comme une bosse un réservoir métallique, profilé selon les dernières règles de l’aérodynamisme», souligne Le Figaro. Mais au-delà de ces constructions modernes, l’Exposition de’37 est l’occasion d’un face-à-face entre les pavillons soviétiques et nazis. «Un bouquet de drapeaux s’épanouit au-dessus de la porte d’honneur, mêlant la croix gammée aux étoiles d’Amérique, les couleurs de la France à celles de tous les pays qui ont accepté son invitation.»

Les stakhanovistes plus rapides que les Français

Le Figaro évoque les impressions d’un ouvrier soviétique sur le chantier de l’Expo. A en croire un certain Groudkine, chef d’une brigade de monteurs russes, «les Français étaient payés, à l’heure, et ne se pressaient pas, alors que nous, nous nous efforcions de terminer notre montage, le plus vite possible pour livrer le travail à temps». Enfonçant le clou, il poursuit: «Un des Français vint me trouver: «Pourquoi travaillez-vous à cette allure américaine?», me demanda-t-il. J’expliquais que c’est ainsi que travaillent d’habitude, en URSS tous les stakhanovistes, et j’ajoutai avec affliction: «Avec votre rythme, nous n’arriverons pas à finir le travail en temps voulu .»

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant