Il y a 78 ans... la crise du bâtiment inquiète Le Figaro

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RÉTRO IMMO - En 1938, Le Figaro évoque en Une la crise sans précédent que traverse le bâtiment. Le quotidien livre son analyse sur les causes de l’effondrement de la demande.

En ce 1er juillet 1938, la Seconde guerre mondiale est toute proche mais pour l’instant Le Figaro se préoccupe de la terrible crise qu’affronte le bâtiment. Une crise qui a poussé le gouvernement Daladier à prendre de nouvelles mesures (réforme du crédit hypothécaire, crédit d’impôt pour les acquéreurs de logements) en espérant susciter une relance qui ne viendra pas.

«En 1913 pour 2081 demandes d’autorisation de bâtir, il y eut 6465 étages de construits, rappelle le quotidien. En 1930, proportion à peu près identique: 1751 demandes pour 5645 étages. En 1935, la chute est déjà sensible: 583 demandes et 1347 étages. Pour le premier trimestre 1938, on n’enregistre plus que 73 demandes et 83 étages construits.» Soulignant que l’industrie du bâtiment traverse «une crise sans précédent», le journaliste Wladimir d’Ormesson s’appuie sur l’analyse de Marcel Blondel, président de la chambre des entrepreneurs de menuiserie et parquets de Paris, pour expliquer cette situation.

Un encadrement des loyers néfaste

«Une politique démagogique dirigée contre la propriété a détourné l’épargne des placements immobiliers, estime-t-il. Le propriétaire a vu sa liberté entravée et ses droits contestés.» «Les revenus des immeubles diminuent sans cesse alors que sans cesse les charges et les impôts augmentent», rappelle aussi le quotidien. Autre remarque qui pourrait sembler d’une actualité plus brûlante: «l’indice de la construction est actuellement de onze par rapport à 1914, tandis que la législation d’exception qui frappe la propriété ancienne limite à trois ou quatre fois le prix du loyer d’avant-guerre.»

Et les banques ont aussi leur part de responsabilité. «Rendus timorés par ce dégoût de la construction, les organismes spécialisés dans les opérations de prêts immobiliers ont exigé des gages qui font reculer ou réduit le montant de leurs prêts, écrit encore Wladimir d’Ormesson. L’argent se retirant du marché, le taux d’intérêt est excessif.»

Quant aux dernières cause de désamour du bâtiment, elles ne sont plus vraiment d’actualité puisqu’il s’agit de «la concurrence des collectivités (État ou villes) se mettant à construire en série» ce qui «paralyse l’initiative privée» ou encore «l’instabilité de la monnaie, donc des prix, et la hausse constante des salaires».

Pour conclure ce plaidoyer libéral, l’auteur estime que «c’est bien plus sur le plan de l’initiative privée que sur celui des collectivités qu’il faudrait poser le problème, c’est-à-dire bien plus par les «petits travaux» que par les «grands» qu’on pourrait le résoudre.» Mais la condition incontournable pour mener à bien ce retournement de tendance reste valable hier comme aujourd’hui: «pour que le public retrouve le goût du placement immobilier, il est indispensable et tout est là, de lui rendre le sentiment de la confiance dans le présent et de la sécurité dans l’avenir».

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  • pelochon il y a 8 mois

    le PS est décidemment la pire chienlit que la France n'ait jamais vécu, à tous points de vue

  • sibile il y a 8 mois

    les lois sur le blocage des loyers ne datent donc pas de l'après guerre (loi de 48) mais avaient commencé bien avant

  • faites_c il y a 8 mois

    "...Le propriétaire a vu sa liberté entravée et ses droits contestés. Les revenus des immeubles diminuent sans cesse alors que sans cesse les charges et les impôts augmentent..." Tiens c'est marrant mais cela me rappelle quelque chose! Comme quoi les politiques au lieu d'obtenir des diplômes bidons feraient mieux d'aller en fac d'histoire, n'est-ce pas Mme Duflot ou Mme Cosse?

  • b.renie il y a 8 mois

    Depuis le Front Populaire, il n'y a pas eu une seule vraie politique de la construction de logements. Pourquoi ? à cause des gaspillages de la politique d'assistanat. On préfère soigner que guérir. Résultat on fabrique des infirmes, chômeurs, paresseux, paralytiques etc.. des électeurs crédules de ces bonimenteurs.