Il y a 77 ans... les Parisiens préparaient les bâtiments à la guerre

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RÉTRO IMMO - En août 1939, à quelques jours de l’entrée en guerre, les Français s’apprêtent à affronter d’éventuels bombardements. Le Figaro relaie les instructions pour préparer son logement au conflit.

En ce 29 août 1939, la guerre est imminente. Dans ses colonnes, Le Figaro rappelle les mesures préconisées par la Préfecture de police en cas d’alerte. La priorité de l’époque? Il faut «que l’éclairage des locaux privés soit rendu imperceptible pour des observateurs aériens», il s’agit même d’une «nécessité absolue», comme le rappelle le journal.

Rentrant dans les détails, le quotidien précise: «A cet effet, les ouvertures de tous les locaux et cages d’escalier donnant sur l’extérieur (portes, fenêtres, lucarnes, baies vitrées, etc.) devront être munies de moyens mobiles d’obturation, tels que volets, persiennes, rideaux, panneaux d’étoffe ou papiers opaques, interceptant toute lumière.»

Rideaux opaques

Les commerces sont soumis au même régime et «les devantures seront, elles-mêmes, pourvues de rideaux opaques» tandis que les enseignes lumineuses seront supprimées. Des précautions que les Parisiens devront appliquer «en permanence dès la chute du jour à toutes les ouvertures, tant sur cours intérieures que sur rue». Quant aux voitures, «elles devront se ranger tous feux éteints, au long des trottoirs» et «ne pourront recommencer à circuler qu’après la fin de l’alerte et avec les seuls feux blancs de ville».

Dans un reportage publié sur la même page, le journaliste raconte les premières nuits parisiennes dans le noir. «Comme la mobilisation, l’obscurcissement de Paris, la nuit, se fait en plusieurs étapes», écrit le journaliste. «Méticuleusement, les Parisiens ont calfeutré les fenêtres, de leurs appartements. Seul le métro, à vingt pieds sous terre, a conservé son éclairage étincelant. Encore avons-nous les enseignes lumineuses, celles notamment des cinémas et des grands cafés des boulevards et des Champs-Elysées.»

S’inquiétant de l’avenir, l’auteur de l’article se fait lyrique. «Mais que sera-ce demain, quand disparaîtront à leur tour ces enseignes? Dans la nuit opaque, la vieille nef de Lutèce naviguera tous feux éteints. Et il faudra des yeux de lynx à l’automobiliste pour éviter d’écraser le piéton au carrefour, à moins que, comme cette nuit, le clair de lune ne s’efforce de suppléer à la lumière des hommes.» L’avenir se révélera malheureusement encore bien plus sombre que ces craintes de pacotille.

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