Il y a 76 ans... les Français dépensaient trop peu en loyer selon Le Figaro

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RÉTRO IMMO - A la veille de la Seconde guerre, Le Figaro estime que les Français devraient consacrer davantage de moyens à leur cadre de vie, s’ils souhaitent relever la natalité du pays.

Une fois n’est pas coutume, un article estime que les loyers pratiqués sont trop faibles. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans son édition du 13 août 1939, Le Figaro se penche sur le thème «Logement et natalité». «Très nombreux sont nos compatriotes qui ont réduit, par rapport à la période d’avant-guerre, la part de leurs revenus qu’ils affectaient à leur loyer», se désole l’auteur de l’article, Jean Démaret.

«Avant la guerre il était admis que l’on affectait à son loyer 15 à 20 % de son traitement ou de son salaire, poursuit l’auteur de l’article, alors qu’aujourd’hui la part affectée par le locataire à son loyer est couramment inférieure à 10 % de son revenu.» Statistiques à l’appui, il note que ces chiffres sont bien supérieurs chez nos voisins et ont tous progressé au fil des ans. En Italie, il serait passé de 16 % en 1927 à 21 % en 1934 et 1935, en Hollande de 13,5 % en 1923 à 19 % en 1934 et représenterait même 28 à 30 % aux Etats-Unis pour les ménages sans enfants. Par comparaison, en 2014 selon le baromètre Sofinscope, les Français consacrent en moyenne 22,4 % de leurs revenus au logement et 59 % des locataires trouvent ce budget trop important.

Mais si l’auteur de l’article souhaite voir les loyers gonfler, ce n’est pas pour doper les profits des propriétaires mais pour soutenir la construction neuve et garantir un bon entretien des immeubles récents. Il s’agit, selon le journaliste, «d’amener la population française à une conception plus élevée, plus familiale de la vie». Au bout du compte, il faudrait mettre fin au «phénomène de désaffection pour le confort du foyer» pour doper le confort des logements et la natalité.

Mais la partie est loin d’être gagnée. Selon les calculs de l’auteur, avec la hausse des salaires et des coûts de construction, pour rémunérer à 5 % un investissement dans un immeuble de l’époque, il fallait afficher des loyers 5 fois supérieurs à ceux d’un logement comparable d’avant 1914! Un écart totalement irréaliste. Se sentant dans une impasse, le journaliste s’interroge: «Ne peut-on au lieu de faire monter exagérément la courbe du prix des loyers, chercher à faire descendre celle du prix de la construction?»

A peine 15 jours après la publication de cet article, débute la Seconde guerre mondiale. Autant dire que cette préoccupation va disparaître pendant de longues années avant que la reconstruction ne deviennent à vous la priorité des Français.

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