Il y a 74 ans... le Figaro racontait la destruction de la ville du Havre

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RETRO IMMO - Dans son édition du 19 décembre 1941, Le Figaro donne la parole au maire du Havre pour évoquer les dommages subis par sa ville après des bombardements répétés.

En ce mois de décembre 1941, toute la Une du Figaro est consacrée, sans surprise, à la guerre entre progression des troupes nipponnes, paquebot américain coulé par une mine et lourdes pertes russes infligées par la Luftwaffe. Le témoignage de Pierre Courant, maire du Havre sur le martyre de sa ville y est aussi installé en bonne place. «Je représente la plus grande des villes éprouvées, sur les bords de la Manche, par les bombardements aériens», explique-t-il.

L'élu explique que sa ville qui comptait 165.000 habitants avant guerre n'en a gardé que 110.000. Et pour cause: l'endroit a subi 15 mois de bombardements. «Je dois qualifier d'infernale la nuit du 15 au 16 septembre, au matin, poursuit-il. Il y avait dans la ville 57 incendies que les pompiers cherchaient vainement à éteindre, car les conduites d'eau avaient été crevées par des torpilles, et on allait pomper l'eau de mer des bassins pour venir à bout des sinistres.» «Dans les rues, ce n'étaient que débris de verre, fils coupés, plâtre et monceaux de briques, précise-t-il encore. Des chapelets de bombes explosives ou incendiaires avaient frappé tous les quartiers, les plus pauvres comme les plus riches.» D'ailleurs, au-delà du centre-ville, la périphérie n'a pas été plus épargnée. Et le maire de relater des scènes poignantes de civils ayant tout perdu.

«Prime de bombardement»

Tout en saluant le courage de sa population «qui a tenu sous les bombardements», l'élu dresse une triste comptabilité. «Sur 19.500 maisons, 4500 ont été atteintes dans leur gros ½uvre, souligne-t-il. Il n'y a guère de logement qui ait conservé ses vitres intactes. La semaine dernière nous avons enterré la 240e victime, celle d'un bombardement effectué dans la nuit de jeudi à vendredi, sur un plateau, loin de tout objectif militaire.»

Pour venir en aide à sa population, Pierre Courant étudie avec les autorités de l'époque (le maréchal Pétain et l'amiral Darlan) «la question de la prime de bombardement» et réclame «que l'on compensât par quelques rations supplémentaires le fatigues et les nuits sans sommeil de mes concitoyens». La ville n'était malheureusement pas au bout de ses malheurs, puisqu'après son martyre dans la lutte contre les nazis, elle a subi en 1944 les bombardements alliés qui ont encore causé la mort de plus de 2.000 civils.

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