Il y a 135 ans... une fuite de gaz ravageait l'opéra de Nice

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RÉTRO IMMO - En 1881, Le Figaro relate la tragédie de l’Opéra de Nice. En pleine représentation, un incendie sans doute lié au gaz ravage les lieux provoquant la mort d’une centaine de personnes.

Dans son édition du 25 mars 1881, Le Figaro revient longuement sur un drame qui secoue le pays à ce moment: l’incendie meurtrier qui a ravagé le théâtre de Nice et causé la mort d’une centaine de spectateurs. Comme tous les hivers, on joue dans ce théâtre à l’italienne tout en bois de l’opéra italien lorsque l’accident se produit. Le rideau a à peine le temps de se lever qu’il prend feu à la suite d’une fuite de gaz. L’incendie se propage très vite prenant au piège de très nombreuses victimes.

«Le théâtre était une vieille construction sans aucun style, et dont les dégagements étaient absolument insuffisants», écrit ainsi Le Figaro pour expliquer le lourd bilan. «Le rideau se levait sur le premier acte de Lucie de Lammermoor, poursuit le quotidien. Au bout de quelques minutes la herse fit explosion on vit tout à coup les flammes sortir des frises, gagner toute la scène. Les cris au feu, au feu! partirent de tous les coins du théâtre et l’affolement devint effroyable.»

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Le journal évoque alors un bilan de soixante-deux victimes dénombrées à trois heures du matin mais précise que le nombre final devrait dépasser les 100 morts une fois que toutes les activités de déblaiement seront achevées. Outre la conception même du théâtre, le journal pointe la vétusté des installations au gaz.

Des tuyaux trop vieux

«Imaginez-vous que l’explosion de gaz qui s’est produite et a communiqué immédiatement l’incendie dans les frises provient de tuyaux posés depuis onze ans et qui sont, comme le théâtre lui-même, sous la surveillance d’un seul architecte, l’architecte de la ville de Nice. Ces tuyaux, au dire même du directeur du théâtre, qui ne pouvait obtenir les réparations les plus urgentes, étaient dans le plus mauvais état. Il y a quatre mois déjà une fuite de gaz avait causé une panique terrible.»

Et pour attester de négligences, le journal précise: «Hier, à quatre heures c’est-à-dire au moment où la répétition finissait, on s’était aperçu d’une nouvelle fuite à la rampe on l’avait réparée en toute hâte.» Une situation qui pousse immédiatement Le Figaro à se poser des questions sur la sécurité des autres salles de spectacle, notamment parisiennes.

Rassurant, le journal écrit: «Partout, un appareil de secours contre l’incendie est placé dans les parties les plus élevées du mur d’avant-scène. Des pompes sont installées au rez-de-chaussée, dans un local séparé du théâtre par des murs en maçonnerie. Ces pompes sont toujours alimentées par les eaux de la ville et le directeur est tenu d’avoir à ses frais un nombre de pompiers suffisant aux premiers secours.» Cela n’empêchera pas l’Opéra-comique de connaître un drame similaire: l’incendie du 25 mai 1887 causant la mort de près de 110 personnes.

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