Il y a 131 ans... derniers préparatifs parisiens pour la Statue de la Liberté

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RÉTRO IMMO - En 1885, la Statue de la Liberté est prête à quitter son atelier parisien pour les États-Unis. Mais la polémique sur le financement de son installation fait rage en France.

Lancé en 1871, le projet de Statue de la Liberté est tout près d’aboutir en ce 7 avril 1875. Mais comme le prouve cet article du Figaro, les polémiques sur le sujet sont loin d’être closes. «Il est inexact, nous tenons les faits ci-dessous de M. Bartholdi, que le Congrès des États-Unis ait refusé la statue monstre que le comité franco-américain de Paris a fait fondre à grands frais pour l’édifier sur un îlot de la rade de New York», écrit ainsi Pierre Giffard. Au cœur de la polémique, «d’amères récriminations contre les Américains, qui après nous avoir laissé dépenser plus d’un million pour faire ce travail d’Hercule, ne voudraient pas, eux, donner un sou pour son édification», selon certaines mauvaises langues.

Des débats d’autant plus surprenants que l’édifice est alors prêt à être expédié, «la statue étant déjà démontée, emballée dans une série de caisses énormes, et prête à partir sur le transport de guerre Isère, qui viendra la charger à Rouen, les alarmistes patriotes se sont déjà demandé sous quel hangar de miséricorde les Yankees remiseraient pour l’éternité un colosse aussi encombrant dont nous avons rêvé de voir la torche électrique flamboyer sur la mer, au seuil du Nouveau Monde.»

Pour ne pas froisser le parti germanique

En fait, les rumeurs sont parties du fait que le Congrès américain a remis à une date indéterminée l’examen d’un projet de crédit de 100.000 dollars pour financer le piédestal de la statue. Une décision qui n’a rien à voir avec du désintérêt ou de l’avarice mais avec le fait que cette Statue «étant une œuvre privée, dans laquelle l’État français n’est pas intervenu, mais seulement le souscripteur individuel, le Congrès des États-Unis s’est dit que lui non plus ne pouvait voter l’application de fonds d’État pour une œuvre qui, en Amérique aussi, est restée une œuvre privée.»

Un choix qui serait aussi lié au «parti de l’émigration germanique, qui compte pour quelque chose avec ses votes au moment des élections». «Pour ne froisser aucun des sentiments du peuple américain, si mêlé et si diversement impressionnable, le Congrès a résolu de ne pas donner d’argent et de laisser l’initiative privée poursuivre l’édification à ses frais de la statue de Bartholdi», écrit encore Le Figaro.

Manque d’argent pour le piédestal

Malgré ces bisbilles, l’article souligne combien les États-Unis restent favorables à la Statue notamment avec cette souscription auprès de notables américains à Paris «qui a réuni très vite 100,000 francs, à l’aide desquels on a envoyé à la fonte une deuxième statue de la Liberté éclairant le monde, haute seulement de dix mètres, celle-là, et coulée sur le modèle original sorti des mains du sculpteur Bartholdi alors qu’il projetait seulement l’exécution de celle de 46 mètres.»

«Les travaux du piédestal sont arrêtés en ce moment faute d’argent, reconnaît le journaliste. Mais la semaine dernière, un meeting de la presse a eu lieu à bord de la Normandie, à New York, et à l’abri du pavillon de la Compagnie transatlantique, les Américains et Français présents se sont promis de réunir promptement les 500,000 francs qui manquent pour terminer l’édification de cette statue, dont les Américains seront certainement aussi fiers que nous, eux de l’avoir chez eux, et nous d’en avoir eu l’idée.» Le journaliste a vu juste, l’édifice sera promptement installé et monté pour une inauguration qui s’est tenue le 28 octobre 1886. Aujourd’hui encore, le monument est visité par 4,5 millions de touristes chaque année.

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