Il y a 122 ans... Londres inaugurait son Tower Bridge

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RÉTRO IMMO - Après quelques années de travaux, Londres étrenne son nouveau pont. Une prouesse technologique qui impressionne Le Figaro d’autant que les travaux ne coûtent rien aux contribuables anglais.

Lancée en 1886, la construction du pont basculant de Londres franchissant la Tamise, le Tower Bridge, débouche sur son inauguration en 1894. Un événement salué par Le Figaro, dans son édition du 2 juillet, qui estime que l’ouvrage inauguré par le prince et la princesse de Galles «sera, pour le commerce et les habitants de Londres, d’un immense avantage et comptera parmi les plus belles et les plus utiles choses qu’ait entreprises la Corporation de la Cité».

Il est vrai que ce pont constituait le nec plus ultra technologique de l’époque et accompagnait l’essor économique de la capitale britannique. «À mesure que s’est développé le mouvement commercial et maritime de Londres, que de nouveaux docks ont été construits des deux côtés du fleuve et que des industries nouvelles se sont créées sur les deux rives, le pont de Londres s’est trouvé insuffisant pour les besoins du trafic, écrit Le Figaro. Actuellement, et depuis bien des années, il est, du matin au soir, encombré de véhicules de toute espèce, qui mettent à le traverser trois fois autant de temps qu’il en faudrait réellement à la circulation pouvant s’y faire sinon librement, du moins d’une façon normale.»

Des ascenseurs contenant 25 personnes

Mais pour créer ce nouveau pont, il a fallu surmonter plusieurs difficultés. «La navigation remonte la Tamise jusqu’au pont de Londres, et il ne fallait pas y opposer d’obstacles, car le remède eût été pire que le mal. Le problème se posait donc ainsi trouver un moyen de faciliter le passage d’une rive à l’autre, sans entraver la navigation depuis la mer jusqu’au pont de Londres.» D’où la solution de ce «double pont, fixe dans certaines de ses parties, mobile dans d’autres». Et pour ne pas restreindre le trafic piéton contrairement au trafic automobile quand le tablier du pont est relevé une autre solution a été mise au point. «À 42 mètres au-dessus du niveau de l’eau à marée haute, M. Barry (l’ingénieur qui a conçu le Tower Bridge) a jeté d’une tour centrale à l’autre deux passerelles fixes auxquelles on accède par des escaliers ménagés dans les tourelles, ou mieux encore par des ascenseurs contenant chacun 25 personnes.»

Une prouesse technologique qui s’accompagne d’une prouesse financière appréciée par Le Figaro. «Quant à la corporation de la Cité de Londres, elle a donné une fois de plus un exemple frappant de sa générosité et de son esprit d’entreprise. Le pont de la Tour lui coûtera de 25 à 30 millions de francs et, cette somme énorme, elle la fournit sur son trésor, sans que les habitants de Londres aient à débourser un penny. Pour une corporation que les réformateurs a outrance veulent faire disparaître comme caduque et inutile, ce n’est pas trop mal et quand la question de la suppression de l’antique municipalité de la Cité, sept fois centenaire, sera de nouveau discutée au Parlement ou ailleurs, le pont de la Tour sera là pour plaider la cause de la corporation.»

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