Il y a 118 ans... le Président prenait ses quartiers d'été à Rambouillet

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RÉTRO IMMO - En juillet 1899, le président de la République Emile Loubet fraîchement élu s'installe dans sa «résidence d'été» au château de Rambouillet. Le Figaro décrit alors le cadre de son séjour. Après la mort subite de Félix Faure en février 1899, Emile Loubet est élu président de la République par le Congrès, réuni à Versailles. Son premier été de chef de l'État, il le passe en famille au château de Rambouillet, résidence d'été de la présidence. Un séjour dont le démarrage est reporté pour cause de maladie contagieuse au château, comme l'explique Le Figaro. «Au moment de quitter Paris avec sa famille, M. Loubet a appris qu'il y avait au château même de Rambouillet deux cas de coqueluche, peut-on lire dans l'édition du 26 juillet 1899. Un enfant, le fils du concierge de la tour, avait été le premier frappé un garde du palais, âgé de trente ans à peu près, était, probablement par contagion, atteint du même mal.» Résultat: les malades ont été envoyés en congés, les lieux ont dû être désinfectés et le séjour présidentiel repoussé de quelques jours. Cette première villégiature à Rambouillet ne sera pourtant pas une véritable découverte pour Emile Loubet. «Il connaît Rambouillet pour y avoir chassé et mangé du gibier avec les Présidents Carnot et Faure, mais c'est la première fois qu'il s'y installera en maître, écrit Le Figaro. Le maître a peu d'exigences. Il a laissé M. de Gourlet (directeur général des palais nationaux, NdlR) libre de tout arranger à sa convenance. De même Mme Loubet a dit: «Comment me trouverais-je mal où Mmes Carnot et Faure se trouvaient bien?»Le boudoir de Marie-Antoinette En visite sur place, le reporter du Figaro décrit les lieux. «II est évident qu'on ne peut pas s'extasier sur l'extérieur même du château. Avec son architecture composite où six siècles ont alternativement collaboré, il a le caractère d'un amas curieux, mais non celui d'un de ces châteaux savamment conçus qu'on rencontre sur les bords de la Loire (...). Si le visiteur doit être admis chez le Président, on le priera d'attendre en un petit salon qu'il aura à sa droite (...) Puis c'est un cabinet de repos où l'on peut faire une partie de cartes ou de jacquet. La boîte à jeux, immense, contient tout ce qu'on peut imaginer en fait de jeux. Elle a coûté, en 1855, dix mille francs à l'Impératrice. Ce cabinet était jadis le boudoir d'une reine qui, elle-même, «dit-on», a gravé son nom sur la glace: Marie-Antoinette.» La visite se poursuit. «Plus loin est un autre cabinet de travail puis deux chambres à coucher qu'on pourra offrir aux ministres qui désireront ne pas rentrer le soir à Paris», précise le journaliste avant d'arriver à la chambre de la première dame, «dont les meubles, datant de la Restauration, sont énormes, ornés de bronze». Et enfin: «À l'aide d'un couloir percé de deux portes et de deux escaliers, nous pénétrons dans la chambre à coucher du Président. De son lit, il pourra se moquer d'un odieux coffre-fort viennois, à mosaïque chinoise, provenant de l'Exposition de 1867. À côté du cabinet de toilette, une salle de bains et une salle de douche, cette dernière demandée naguère par M. Félix Faure.»À 1h30 de Paris grâce aux transports Tout en saluant la «hauteur extraordinaire» des pièces du rez-de-chaussée, le journaliste se plaint de celle du second, «où logeront pourtant les membres de la maison civile et militaire du Président de la République et qui sont tellement basses que, sans effort, la main en touche le plafond. Et dire que c'est dans une de ces petites boîtes qu'est mort François 1er.» «Le grand avantage offert par Rambouillet est qu'en une heure et demie M. Loubet pourra y fumer sa dernière pipe, monter en voiture, puis en chemin de fer, et signer un décret à l'Élisez», conclut le journaliste du Figaro.

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