Il y a 117 ans... Le Figaro expliquait comment le Fort Chabrol était ravitaillé

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RÉTRO IMMO - Soupçonnés de complot contre l’État, plusieurs dirigeants nationalistes se retranchent pendant 40 jours dans un immeuble de la rue de Chabrol , en 1899. Un épisode qui donnera naissance à l’expression «fort Chabrol».

En cette année 1899, l’ambiance politique est tendue. Le gouvernement craint une émeute nationaliste et monarchiste alors que doit s’ouvrir le procès en révision d’Alfred Dreyfus. C’est dans ce climat que les autorités font arrêter des dirigeants de ligues nationalistes en août. Le président de la Ligue antisémitique, Jules Guérin, refuse quant à lui d’obtempérer et se retranche dans les locaux du «Grand Occident de France», au 51 de la rue de Chabrol, dans le 10e arrondissement de Paris.

Un siège qui dure depuis un mois lorsque Le Figaro du 13 septembre 1899 explique comment l’endroit est ravitaillé pour nourrir ses occupants sachant «qu’il ne restait plus, à la date du 23 août, que quelques boîtes de thon et un sac de pommes de terre». «On devait donc se demander comment pouvaient vivre les treize hommes restés dans le «Fort Chabrol», comme on s’est habitué à appeler la maison bloquée», écrit le quotidien.

Des expéditions depuis une chambre de bonne

Alertés par un bruit nocturne «à deux heures du matin», les gardes républicains en faction découvrent finalement le pot aux roses. «L’officier de la garde qui était tourné du côté de la façade put alors apercevoir un paquet partant de la maison en face, au n°34, traversant la rue directement et allant sur le toit du n° 49, maison de M. Jules Guérin.» L’enquête se poursuit du côté du n°34 où dans une chambre du sixième étage, les autorités trouvent «quatre personnes, trois hommes et une femme, en train de préparer des paquets pour les expédier», grâce à une corde rejoignant le toit en terrasse du Grand Occident.

Les enquêteurs apprennent alors que la chambre en question a été louée moyennant «30 francs, pour en faire à la fois un dépôt de victuailles et un poste d’expédition». Les paquets de nourriture étaient emballés et «pour soustraire les envois à la vue des agents, la corde était graissée et noircie, précise le journal. Les paquets étaient, de même, enveloppés de papier d’emballage noir. Les ficelles qui les attachaient se terminaient par un anneau de cuivre qui glissait facilement et sans bruit sur la corde.»

Avec la fin de ce petit stratagème, le siège sera évidemment plus difficile à tenir et les insurgés se rendront finalement le 20 septembre 1899 et Jules Guérin sera condamné, parmi d’autres, à dix ans de détention. Quant à l’expression «fort Chabrol», elle a subsisté jusqu’à nos jours pour désigner ces situations où une ou plusieurs personnes se barricadent dans un immeuble, entouré par les forces de l’ordre.

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