Il y a 117 ans... l'architecture Art nouveau s'exposait au Figaro

le
0

RÉTRO IMMO - En 1899, Le Figaro s’enthousiasme pour l’architecture innovante proposée par Hector Guimard. Le journal consacre d’ailleurs une exposition à une de ses réalisations célèbres: le Castel Béranger.

Dans son édition du 19 avril 1899, Le Figaro ne tarit pas d’éloge sur Hector Guimard, figure emblématique de l’Art nouveau auquel on doit de nombreuses constructions sans oublier quelques célèbres bouches de métro parisien. Un enthousiasme qui se traduit également par une exposition que le journal consacre à l’architecte autour d’une de ses réalisations: le Castel Béranger.

«En ouvrant son Salon à une exposition du Castel Béranger, le Figaro a voulu prouver aux architectes contemporains qu’il ne restait indifférent à aucune tentative destinée soit à augmenter le bien-être de nos intérieurs, soit à combattre la monotonie menaçante de nos rues, écrit le quotidien. Or nulle tentative n’est plus curieuse, ni plus pratique, ni plus élevée de pensée que celle de M. Hector Guimard.»

Parmi les bonnes initiatives de l’architecte, le journal salue: «Ayant à construire un immeuble de rapport, une de ces vastes casernes où nous nous entassons, il est parti de cette idée que s’il avait trente-six locataires à loger, il ne pourrait pas rencontrer trente-six locataires ayant les mêmes besoins, les mêmes désirs, et il a distribué le Castel Béranger en trente-six appartements absolument différents les uns des autres.» Il apprécie aussi que l’homme se soit «employé à sortir de l’ornière des traditions passées pour la décoration de l’immeuble» en cherchant «à réserver à chaque matière le véritable rôle décoratif qui devait lui échoir».

Quand l’originalité confine à la bizarrerie

Dans son approche globale, Guimard est aussi félicité pour avoir «fait exprimer au fer ce qu’il doit exprimer; il a agi de même pour le marbre, la pierre, la brique, le bois, la céramique, qu’il a mis souvent, et très heureusement à contribution, le vitrail, les tapis, les papiers; il n’est pas, jusqu’aux boutons de porte qui n’aient été l’objet de sa sollicitude». Une pointe de critique tout de même: «Comme tous les artistes qui innovent et cherchent sinon à créer un style, ce qui ne se peut pas, au moins à faire une œuvre ayant du style, ce qui n’est pas la même chose, il a parfois atteint la limite où l’originalité confine à la bizarrerie; mais dans cette bizarrerie même on découvre sans peine la mise en action d’une pensée neuve et sincère, on devine un excès de sève dont il lui sera aisé de se corriger, lorsque les principes qu’il défend si vaillamment auront été acceptés par le goût public.» Plus d’un siècle plus tard, ces principes ont largement conquis ce «goût public».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant