Il y a 116 ans... la maison hantée de la rue de Bourgogne semait le trouble

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RÉTRO IMMO - En plein été 1900, Le Figaro se passionne pour une histoire de maison hantée qui agite le 7e arrondissement de Paris. Il faudra 10 jours et pas mal de surveillance policière pour percer le mystère.

En ce début d’été 1900, les lecteurs du Figaro ont droit à un véritable feuilleton à suspens concernant les bruits suspects que l’on entend surtout la nuit du côté de la rue de Bourgogne. Sous le titre «Le mystère de la rue de Bourgogne», pas moins de 7 articles rendent compte de l’évolution de cette nébuleuse affaire de maison hantée entre le 23 juin et le 2 juillet 1900.

À l’origine de l’histoire, une série de lettres anonymes envoyées au commissaire de police des Invalides, M. Brongnard. Toutes signalent «que fréquemment, tant le jour que pendant la nuit, des plaintes et des gémissements, paraissant poussés par une fillette d’une huitaine d’années, se faisaient entendre au 51 de la rue de Bourgogne.» Mais malgré une enquête de police sur place, aucun enfant n’est retrouvé sur place. En revanche, l’auteur des lettres est identifié: il s’agit d’une locataire des lieux, Marie Baron. Et ses voisins confirment ses propos.

Une bonne vieille coiffée du bonnet breton

Alors que l’enquête piétine, un policier est envoyé pour séjourner sur place. Et là, rapporte Le Figaro: «A deux heures de l’après-midi, l’agent entendit un long cri poussé par une voix d’enfant.» Le reporter en profite pour recueillir le témoignage de Marie Baron, «une bonne vieille, coiffée du bonnet breton qui habite sous les combles, une toute petite pièce dont la fenêtre s’ouvre sur des cours et des jardinets.» La locataire explique au quotidien: «Ce matin même, à 6 heures, la voix disait: «J’ai faim!» J’en ai eu le cœur déchiré, d’autant plus que, depuis quelque temps, la voix devient plus faible et que tout fait craindre que la pauvre petite ne succombe bientôt. L’autre jour, j’ai entendu une femme en colère lui crier «Tu ne crèveras donc pas?» Puis, une porte s’est refermée, et je n’ai plus perçu que des plaintes étouffées.»

Au fil des jours et des nuits, les cris et les bruits se répètent. Marie Baron oriente les limiers de la police vers le ministère de l’Agriculture tout proche car elle estime que les bruits viennent de là-bas. Et si les voisins confirment les bruits aucun n’a entendu de phrases distinctement. «La bonne foi de la vieille Bretonne paraît évidente, résume Le Figaro, mais cette brave femme a pu être victime d’hallucinations.»

Miaulements nocturnes et farce de ventriloque

L’enquête s’oriente alors vers une farce de ventriloque tandis que les policiers en factions ne perçoivent plus que des miaulements nocturnes et penchent de plus en plus pour la thèse de la mystification. Le 27 juin, enfin les policiers «ont entendu clairement un enfant appeler: «Maman Ma- a - man». Mais ce cri était poussé d’une voix très naturelle, sans doute par un enfant du voisinage.» Le lendemain, nouveau déploiement policier qui confirme les cris d’enfant «puis des éclats de rire prolongés» en provenance d’un pavillon isolé, occupé par un jeune ménage.

Et le 2 juin, épilogue de l’histoire: «La brave femme qui entendait des voix dans la nuit n’était pas précisément une hallucinée. Mais, très involontairement, et avec la meilleure foi du monde, elle s’était; au cours de ses insomnies, bâti tout un petit roman. Et sa conviction était si profonde qu’elle avait été partagée par tout le quartier.» En fait, il y avait bien un jeune enfant et même deux à proximité, «seulement, ils n’étaient pas martyrisés. C’étaient simplement des enfants malades et qui, ne pouvant dormir la nuit, se plaignaient comme c’était leur droit.» Une fin très commune pour le malheur du quartier qui s’habituait à cette nouvelle notoriété et commençait à bénéficier d’un afflux de curieux donnant un surplus d’activité aux commerçants locaux.

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