Il y a 106 ans... Le Figaro saluait l'héritage du baron Haussmann

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RÉTRO IMMO. Dans son édition du 21 juillet avril 1910, Le Figaro s’extasie devant une exposition consacrée aux grands travaux d’Haussmann «qui nous a donné le grand et beau Paris où nous vivons».

Des travaux d’ampleur, un nouvel élan pour la capitale, un soin tout particulier apporté aux gares... Est-il question du Grand Paris? Non, tout simplement du «petit» Paris intra muros, redessiné par le baron Georges Eugène Haussmann, auquel Le Figaro rend hommage en 1910, à l’occasion d’une exposition qui lui est consacrée. Evoquant les travaux qui à l’époque, à nouveau, couvre la capitale de chantier, le journaliste Louis Chevreuse écrit: «Voici un demi-siècle, Paris fut déjà mis sens dessus dessous, et, sur le génie d’Haussmann, les Parisiens, qui ont toujours eu de la verve, ne manquèrent point de plaisanter. Oui, mais-alors, quelle différence! (...) A l’époque, on voyait beau; on voyait grand et, ce qui importe toujours au premier chef, on voyait d’ensemble; on savait alors ce qu’on voulait accomplir. Une harmonie majestueuse respirait sous le chaos des démolitions momentanées.»

Une «métamorphose heureuse» et qui fait l’objet en cet été 1910 d’une exposition à l’hôtel Le Peletier Saint Fargeau, voisin du musée Carnavalet. Une exposition qui doit «rajeunir et asseoir définitivement la gloire du baron Haussmann» à qui l’on doit le Paris contemporain commandé par les «conceptions ordonnées et judicieuses» de l’Empereur et du baron Haussmann.

Inspiré par les parcs anglais

«Les parcs anglais, les beaux «squares londoniens» avaient enchanté le séjour de l’Empereur napoléon III et lui semblaient indispensables à l’hygiène et à l’agrément d’une grande ville moderne, rappelle Le Figaro. Mais pour doter Paris d’arbres et de verdure, pour semer des jardins publics, gais et spacieux, dans la vieille ville aux ruelles étroites et aux maisons enchevêtrées, c’était tout le plan de Paris qu’il fallait corriger et adapter à coups de millions et de génie architectural.»

Un programme «pacifique et grandiose» qui nécessitait «un homme encore jeune, audacieux, très énergique», le préfet de Gironde que Napoléon III avait rencontré à Bordeaux avant d’en faire en 1853 le préfet de la Seine. «Cette «transformation de Paris», décidée par Napoléon III, exécutée par Haussmann, n’était pas un caprice de souverain fastueux, hanté par le goût de marquer son empreinte dans la pierre, précise Le Figaro. Elle était urgente et nécessitée par de grands intérêts politiques et économiques, et non point seulement par les intérêts de Paris, mais de toute la France.»

Des travaux qui s’appuient notamment sur les gares. «Depuis que l’usage des chemins de fer avait, contre toutes les prévisions des esprits sages, si profondément changé les conditions de la vie moderne, Paris restait, plus que jamais, le grand carrefour de la France, et les gares, les embarcadères, où venaient aboutir, des quatre points cardinaux, les trains de voyageurs et de marchandises, devenaient ses véritables portes.»

Mais après avoir dopé les capacités d’accueil des gares, restait encore à améliorer la circulation au sein de la ville. D’où la naissance de ces grandes percées urbaines dont Le Figaro reconnaît d’autres «avantages généraux de ce gigantesque effort»: «déjouer pour l’avenir la tactique surannée et meurtrière des antiques combats de barricades, en substituant aux étroites rues de l’ancien Paris de larges voies accessibles aux charges de cavalerie qui, le cas échéant, balayeront l’émeute sans la massacrer; et surtout créer, par d’immenses entreprises de travaux publics, un moyen de rallier les classes ouvrières, en leur assurant du travail et du bien-être, et de satisfaire la bourgeoisie, en ranimant les affaires.»

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