Il s'appelle Jean-Louis

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Il s'appelle Jean-Louis
Il s'appelle Jean-Louis

Arrivé fin janvier pour sauver Montpellier, le club de sa vie, Jean-Louis Gasset a déjà bousculé plusieurs codes depuis son retour à la Paillade. Reste qu'au-delà des résultats, le sexagénaire veut prouver qu'il a les épaules pour être numéro un. Plongée dans les regards de ceux qui l'ont connu, histoire de comprendre pourquoi Gasset est unique. Définitivement.

Aucun joueur n'aime les causeries. Cette dernière est pourtant considérée comme un art où l'entraîneur, tribun habité ou conférencier sans âme, doit faire ressortir l'essence de son plan, de ses envies et des tripes de son groupe en cinq, dix ou trente minutes. Problème : le discours est souvent écrit à l'avance, préparé, récité sans être joué et, pour la majorité du temps, presque invariable d'une semaine à l'autre. Alors, le cerveau de l'auditoire décroche. Jean-Louis Gasset, lui, n'a jamais joué avec un public. Tout simplement, car il ne s'est jamais senti en représentation. Ce qu'il aime, c'est l'homme plus que le joueur, les mots bruts plutôt que les envolées sans consistance. Au fond, ce qu'aime avant tout le natif de Montpellier, c'est la vie. Un truc inspiré du père, Bernard, disparu en avril 2002, figure éternelle de la Paillade et dont Loulou Nicollin parle encore aujourd'hui comme d'un "artiste, un joueur de cartes". Quand il est dans un vestiaire, face à ces mecs en short, Jean-Louis Gasset est aussi un artiste.

"Il faut comprendre que c'est quelqu'un qui va complètement à contre-sens de cette nouvelle génération d'entraîneurs qui sont presque des ordinateurs, qui parlent tout le temps de tactique, de foot comme si c'était de la bataille navale ou une partie d'échecs, installe David Bellion, qui a connu Gasset lors de sa première aventure en binôme avec Laurent Blanc à Bordeaux. Il a ce côté où il laisse l'instinct au cœur du foot. Il va plus loin que la tactique. Ce qui l'intéresse, c'est l'homme et ce qu'il peut faire ressortir de toi. Sur certains côtés, avec sa voix cassée, son bagou, son humour sec qui est grandiose, on dirait un entraîneur des années 80-90." Au point que celui qui a enfilé la casquette de coach au milieu des années 80 après dix ans passés sous les couleurs de Montpellier arrache souvent ce qu'il souhaite de ses joueurs. "C'est simple, enchaîne Michaël Ciani, qui a aussi connu Gasset à Bordeaux. Quand tu l'entends, tu as envie de sortir et d'aller te dépouiller pour lui sur le terrain."

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