"Il ne peut pas y avoir en France de camps" de migrants-Hollande

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    * Hollande à Tours en prélude à une visite à Calais 
    * Le chef de l'Etat répond aux critiques de la droite 
    * Il dit vouloir en finir avec les "solutions de facilité" 
 
    TOURS, Indre-et-Loire, 24 septembre (Reuters) - Le camp de 
migrants de Calais sera effectivement "entièrement" démantelé, a 
promis samedi François Hollande, qui a défendu la répartition 
des demandeurs d'asile dans des petits centres éparpillés en 
France, dénoncée par une partie de la droite. 
    Le chef de l'Etat visitait un de ces 164 centres d'accueil 
et d'orientation (CAO) de réfugiés, à Tours (Indre-et-Loire), 
avec les ministres de l'Intérieur, de la Santé et du Logement, 
Bernard Cazeneuve, Marisol Touraine et Emmanuelle Cosse, deux 
jours avant d'aller lui-même à Calais.   
    Le sort de la "jungle" de Calais, où les candidats à la 
primaire de droite pour l'élection présidentielle de 2017 ont 
défilé ces derniers temps, et plus généralement la question de 
l'immigration, sont des thèmes au coeur de cette pré-campagne. 
    Au CAO de Tours, François Hollande a dit avoir recueilli le 
témoignage de réfugiés passés par Calais, où ils ont vécu "dans 
des conditions extrêmement difficiles", indignes et également 
inacceptable pour les Calaisiens, a-t-il dit. 
    "Il était donc important que nous puissions, à ceux qui 
relèvent du droit d'asile, proposer une solution pour qu'ils ne 
soient pas dans ces conditions", a-t-il poursuivi. 
    Il a estimé que les "campements" comme celui de Calais avait 
trop longtemps été une "solution de facilité". 
    "Il ne peut pas y avoir en France de camp. Et donc ceux qui 
demandeurs d'asile à Calais seront (répartis) dans ces 
structures", a ajouté François Hollande. "Au cours des 
prochaines semaines, ce sera fait." 
    Selon les associations d'aide aux réfugiés, plus de 10.000 
migrants vivent aujourd'hui dans la "jungle" de Calais, d'où 
nombre d'entre eux tentent quotidiennement de passer en 
Grande-Bretagne par le tunnel sous la Manche. 
    Bernard Cazeneuve a annoncé le 14 septembre que le 
gouvernement était à la recherche de 9.000 places.  
    Selon François Hollande, il ne peut s'agir que de petites 
unités, réparties sur "l'ensemble du territoire" et recevant 40 
à 50 personnes "pour un temps limité, trois à quatre mois", en 
concertation avec les élus locaux. 
     
    80.000 DEMANDEURS D'ASILE 
    Des élus locaux interrogés ces derniers temps par les médias 
français accusent les pouvoirs publics de leur avoir imposé la 
présence de tels centres sur leur commune, sans concertation. 
    Près de huit Français sur dix (76%) estiment justifié le 
démantèlement de la "jungle" de Calais mais 57% s'opposent à la 
dispersion des migrants, selon un récent sondage Elabe pour BFM 
TV.   
    De leur côté, des dirigeants de droite, dont l'ex-chef de 
l'Etat, Nicolas Sarkozy, dénoncent une mesure qui conduirait 
selon eux à créer des "mini-Calais" un peu partout en France. 
    "Nous n'avons pas à vider la jungle de Calais pour la 
disséminer partout en France et se retrouver avec 100 ou 150 
Calais en France", a ainsi déclaré ce candidat à la primaire de 
droite sur France 2, le 15 septembre. 
    Réplique de François Hollande : "Il y a des règles qui 
doivent être respectées mais on ne démantèle pas un camp sans 
qu'il y ait des solutions ; sinon c'est l'irresponsabilité, 
c'est faire que partout se diffusent des cohortes de réfugiés 
qui s'installeraient n'importe où et n'importe comment." 
    Il a évalué à environ 80.000 le nombre actuel de demandeurs 
d'asile en France, qui doivent bénéficier, selon lui, de 
formalités leur permettant d'être intégrés en France avec leur 
famille. Ceux qui ne relèvent pas du droit d'asile ont vocation 
a être reconduits à la frontière, a-t-il réaffirmé. 
    Bernard Cazeneuve a annoncé vendredi que 13 personnes en 
situation irrégulière à Calais avaient été expulsées le 
jour-même par un avion. Il a précisé dans un communiqué que 
1.440 personnes avaient été, au total, "éloignées du territoire 
national depuis Calais", depuis le début de l'année. 
    Selon le ministère de l'Intérieur, 230 filières 
d'immigration clandestine ont par ailleurs été démantelées 
jusqu'ici en 2016, soit 20% de plus que l'an dernier. Une 
trentaine de ces filières étaient à destination du Royaume-Uni. 
 
 (Stéphane Mahé, avec Emmanuel Jarry à Paris) 
 
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