« Il n'a rien laissé transparaître de son mal-être »

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propos recueillis De Bourgoin-Jallieu aux Bleus, en passant par Castres ou Paris (Stade Français pour l'un, Racing pour l'autre), Pascal Papé, 36 ans, et Lionel Nallet, 40 ans, se sont suivis. Malgré leur amitié, jamais le second n'aurait pensé que les fêlures du premier étaient si profondes. Comment avez-vous réagi aux révélations de Pascal Papé ? LIONEL NALLET. J'étais d'autant plus surpris que j'ai quand même passé du temps avec lui ! Je savais qu'il avait été adopté, j'ai croisé plusieurs fois son père adoptif... enfin, son père, au bord des stades ; mais je ne connaissais pas le début de l'histoire. Etiez-vous au courant de ses tentatives de suicide en 2013 ? Je savais qu'il n'allait pas très bien. Il était blessé (NDLR : lombosciatique aiguë) et faisait sa rééducation à Lyon, à 800 m du stade du LOU où je jouais. Il est proche de Jérémy Castex, qui était mon coéquipier. Même à lui, il ne répondait plus. On l'appelait pour aller bouffer ensemble, il n'a jamais décroché. On sait pourquoi aujourd'hui. Il n'a jamais fendu un peu l'armure ? Non, il n'a rien laissé transparaître de son mal-être. C'était même le boute-en-train du groupe. S'il n'a pas parlé avant, c'est qu'il ne l'acceptait pas. Je comprends qu'il n'ait pas pu s'ouvrir à des coéquipiers. Et s'il m'avait sorti tout ça, je n'aurais pas su quoi lui dire... Mais il aurait surtout dû en parler plus tôt à des psys. Cela lui aurait peut-être évité de menacer sa vie en 2013. Le rugby est un monde basé sur la force et la virilité. Peut-on y dévoiler ses failles ? Ce sont des problèmes qui touchent beaucoup de monde. On accepte plus facilement d'en parler et de les entendre. Les mentalités ont évolué. Regardez pour l'homosexualité. Elle était bannie et, aujourd'hui, des gars peuvent faire leur coming out et ne ...

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